Nouvelle mise en garde contre les statines




“Nouvelle mise en garde contre les statines” par le Docteur Erard de Hemricourt. Dans notre monde, rien n’est immuable et les certitudes d’aujourd’hui seront les erreurs de demain. C’est particulièrement le cas dans un domaine comme celui de la médecine où la FDA, l’organisme de contrôle officiel de la mise sur le marché du médicament aux États-Unis, a apporté la semaine dernière quelques modifications concernant l’utilisation des statines (médicaments anti-cholestérol) avec de nouvelles mises en garde.

Nous savions déjà depuis quelques années (pour les fins connaisseurs) que l’utilisation de cette classe de médicaments était associée au développement de certains troubles cognitifs, pour la plupart réversibles, ainsi qu’à l’émergence d’un surrisque de développer au long cours un diabète de type II.

Les choses sont désormais officialisées avec l’obligation pour les fabricants de rajouter ces avertissements sur les flacons de statines aux États-Unis. Mais alors, qu’en est-il pour le consommateur lambda ? Si les statines sont utilisées depuis de très nombreuses années dans la prise en charge des affections cardio-vasculaires via la réduction du ‘mauvais’ cholestérol – le LDL -, de nombreux experts et pas des moindres se sont affrontés par voie de presse sur l’efficacité réelle de ce type de médicament.

Pour certains spécialistes, l’efficacité des statines serait largement exagérée et entraînerait de nombreux effets secondaires dommageables pour la qualité de vie des patients. En médecine comme d’ailleurs pour les autres domaines de la vie courante, il nous faut garder de tout comportement extrême… et savoir de quoi on parle. Il faut ici distinguer prévention primaire et prévention secondaire ce qui n’est pas vraiment évident pour le patient.

La prévention primaire consiste à ‘traiter’ des gens non (encore) malades, ceux qui présentent des facteurs de risque pouvant conduire statistiquement au développement de maladies cardio-vasculaires comme l’infarctus du myocarde ou la thrombose cérébrale. La prévention secondaire consiste à traiter des individus ayant déjà développé des maladies cardiovasculaires. On n’est alors plus dans le domaine de la prévention pure mais dans la réelle prise en charge.

Comme mentionné ci-dessus, c’est l’efficacité des statines surtout en prévention primaire qui pose problème et qui est fortement contestée par certains experts : cela ne sert tout bonnement à rien de donner des statines pour prévenir d’éventuels problèmes qui pourraient survenir dans 5, 10 voire 15 ans. Le débat est beaucoup plus nuancé en ce qui concerne la prévention secondaire où les statines semblent agir mais pas par une action réductrice du mauvais cholestérol mais par une action différente dite ‘pléiotrope’ encore peu connue à l’heure actuelle.

Un des problèmes soulevés par la mise en garde officielle de la FDA est celui de l’émergence du risque de diabète de type II en cas de prise chronique de statines. Le diabète (de type I ou II) est paradoxalement un facteur de risque supplémentaire face au développement des problèmes cardio-vasculaires.

Ainsi, en voulant faire mieux, on risque de faire bien pire. Même si le risque de présenter un diabète de type II est faible en cas de prise continue de statines – il est estimé à 1/255 patients selon la FDA – il n’en est pas moins réel et tangible. Et si certains professionnels prétendent qu’il ne fait aucun doute que les bénéfices des statines l’emportent sur les risques en cas de traitement prolongé, il n’empêche : voir la FDA aller dans le sens actuel doit nous faire réfléchir sur l’adéquation de la prise chronique des statines.

Nous sommes juste à l’aube de la compréhension des effets thérapeutiques des médicaments sur notre organisme. Comment expliquer que certains produits puissent avoir une efficacité réelle chez certains patients (peu nombreux) et aucune efficacité pour la grande majorité des autres. Tout simplement par la notion du polymorphisme génétique. Derrière ce terme barbare se cache toute la vérité.

Nous possédons tous un matériel génétique presque semblable, avec quelques infimes modifications parmi nos 25000 gènes. Or ce sont justement ces quelques toutes petites modifications qui vont expliquer le comportement différent de notre corps face aux médicaments.

Il est toujours regrettable d’observer l’apparition d’effets secondaires parfois importants suite à la prise de médicaments, surtout si on se place dans le cadre de la prévention primaire. Or, en médecine, il existe d’autres méthodes plus naturelles qui ont fait largement leurs preuves quant à la réduction du risque cardio-vasculaire. Cela passe entre autre par une amélioration de sa nutrition et par la pratique régulière d’un exercice physique.

Malheureusement les médecins et la majorité des patients ne semblent pas abonder dans ce sens et il n’est pas rare de voir des patients frustrés et même parfois en colère lorsqu’ils repartent de leur consultation médicale sans ordonnance médicale, seulement avec quelques recommandations de bon sens.

©Thierry Souccar éditions

L’éducation des foules (patients et médecins y compris) prendra un certain temps mais il faut espoir garder et souhaiter que notre vision de la santé/maladie changera rapidement du tout au tout.

En attendant, pour ceux qui voudraient compléter leurs connaissances, voici un livre intéressant à lire qui reprend toute la problématique des statines et surtout les méthodes pour garder un système cardio-vasculaire en bonne santé : « Prévenir l’infarctus et l’accident vasculaire cérébral. Ed Thierry Souccar. Dr Michel de Lorgeril ».

Docteur Erard de Hemricourt pour News Santé ©2012 – Tous droits réservés

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