Maladie d’Alzheimer : identification d’une enzyme tueuse impliquée dans la perte de mémoire




La maladie d’Alzheimer est une maladie neurodégénérative qui induit des troubles de la mémoire et cognitifs. La formation de plaques amyloïdes, les enchevêtrements neurofibrillaires, la perte neuronale et  l’inflammation cérébrale en sont les caractéristiques majeures.  La  cause des dégradations  des neurones n’est pas connue mais constitue  une cible importante pour de nouveaux traitements.

Une équipe de l’hôpital Lariboisière dirigée par le Pr Jacques Hugon  (AP-HP, université Paris Diderot, Inserm unité 839) a mis en évidence la présence d’une « enzyme tueuse », la protéine kinase R (PKR), dans le cerveau et en circulation le liquide  céphalo-rachidien des patients atteints de la maladie d’Alzheimer.  Ces travaux ont fait  l’objet d’un dépôt de brevet par l’AP-HP et  d’une publication dans  la revue Biological Psychiatry *.

Lorsqu’elle est activée par la phosphorylation, la PKR entraîne la  mort cellulaire par apoptose (processus par lequel des cellules amorcent leur auto-destruction en réponse à un signal). LA PKR peut déclencher le processus d’inflammation et altère la constitution de la mémoire. L’équipe du Pr Jacques Hugon a montré que le niveau de la protéine kinase R  activée était 3 fois plus élevé dans le liquide céphalo-rachidien des patients atteints de la maladie d’Alzheimer que chez les patients non atteints. Le taux de PKR était également élevé dans le liquide céphalo-rachidien d’un groupe de patient souffrant de troubles cognitifs légers, phase précoce de la maladie d’Alzheimer. Par ailleurs, les taux de PKR activée ont été corrélés avec les taux de protéine tau hyperphosphorylée, un biomarqueur du liquide céphalo-rachidien existant de la maladie d’Alzheimer.

Cette étude révèle donc que la PKR pourrait être un puissant et précoce   médiateur des déficits de mémoire et de la destruction des neurones, un acteur du processus inflammatoire et un possible nouveau biomarqueur de la maladie d’Alzheimer dans le liquide céphalo-rachidien. La PKR représente une nouvelle cible thérapeutique pour ralentir la progression de la maladie d’Alzheimer et pour réduire la dégradation des fonctions cognitives des patients atteints de cette maladie.

« La kinase PKR est impliquée dans plusieurs processus dégénératifs observés dans le cerveau des patients atteints de maladie d’Alzheimer, explique le Pr Jacques Hugon. De nouvelles recherches sont en cours pour diminuer son activité  grâce à des inhibiteurs spécifiques de cette kinase, qui pourraient représenter un moyen puissant pour freiner l’évolution des troubles de la mémoire des patients atteints ».

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