L’usage des inhibiteurs de la pompe à protons mis en cause dans les fractures de hanche




Anatomie de la hanche - Public Domain

“L’usage des inhibiteurs de la pompe à protons mis en cause dans les fractures de hanche” par le Docteur Erard de Hemricourt.  L’utilisation des médicaments appartenant à la classe des inhibiteurs de la pompe à protons serait liée à une augmentation du risque de développer une fracture du col du fémur chez les femmes en post-ménopause.

Ces données qui étaient par ailleurs déjà connues depuis quelques années et renforcées par une mise en garde officielle de la FDA, puissante autorité de contrôle du médicament aux États-Unis depuis 2010, viennent d’être confirmées par une nouvelle étude prospective réalisée chez les femmes en post-ménopause.

D’après cette nouvelle étude publiée dans l’éditorial du British Journal of Medicine (Use of proton pump inhibitors and risk of hip fracture in relation to dietary and lifestyle factors: a prospective cohort study. Hamed Khalili et al. BMJ. BMJ 2012;344:e372), l’utilisation prolongée de cette classe de médicaments par exemple en cas d’ulcères gastriques, de reflux gastro-oesophagien ou de dyspepsie serait associée chez les femmes post-ménopausées à une augmentation de près de 30 % du risque de développer une fracture de la hanche. Et cette augmentation irait même jusqu’à 50 % en cas de tabagisme associé.

Les participantes (79 899 femmes), suivies pendant plus de 30 ans dans le cadre de la Nurses’ Health Study ont eu à répondre à plusieurs reprises à des questionnaires concernant leur mode de vie, leur état de santé et leurs éventuels médicaments. Des résultats finaux, les médecins ont pu confirmer d’anciennes données de la littérature médicale qui confirment définitivement le rôle néfaste des inhibiteurs de la pompe à protons en cas de prise prolongée. Ce qui interpelle ici, c’est le rôle négatif joué par le tabagisme qui aggrave le risque de fracture de hanche résultant de la prise chronique de ce type de médicament.

Bonne nouvelle, ce risque revient plus ou moins à la normale après un arrêt de deux ans du médicament. Ce qui amène au commentaire de l’un des auteurs de l’étude, le Dr Khalili, qui déconseille la prise prolongée de ces médicaments d’autant plus qu’il existe des méthodes plus simples pour éviter les problèmes gastriques telles qu’arrêter la consommation de café ou d’alcool, éviter de manger tardivement le soir, arrêter le tabac ou bien perdre du poids.

Il est important également de rappeler que d’autres méthodes ont quant à elles déjà fait leur preuve pour obtenir une solidité plus importante des os telles que la prise de vitamine D associée au calcium et la pratique d’un exercice régulier.

Docteur Erard de Hemricourt pour News Santé ©2012 – Tous droits réservés