De moins en moins de médecins de garde la nuit et le week-end




La nuit comme les week-end les médecins libéraux sont de moins en moins nombreux à être volontaires pour assurer les gardes. Tel est l’un des constats du Conseil national de l’Ordre des médecins qui, pour la 9eme année consécutive, a entrepris une enquête nationale sur la permanence des soins assurée par les médecins généralistes et sur les modalités de son organisation.

Et si l’enquête démontre une nouvelle fois que les médecins continuent à assumer leurs responsabilités professionnelles sur l’ensemble du territoire national, il en ressort aussi que l’érosion du volontariat pour les gardes la nuit et le week-end continue, voire s’accélère malgré la progression de nouvelles formes d’organisation comme les maisons médicales d’urgence, la régulation médicale via le 15…

Ainsi et selon ce rapport 28% des conseils départementaux de l’Ordre ont fait état d’une pénurie de praticiens mais aussi du vieillissement des médecins de garde. A noter toutefois que 62 conseils départementaux de l’Ordre des médecins ont signalé une stabilité dans le volontariat.

Et si d’importantes disparités régionales existent notamment entre les secteurs urbains et les secteurs ruraux, le Cnom se montre préoccupé par l’arrêt des gardes de nuit (après minuit), une tendance qui pourrait à terme concerner au moins 50% des secteurs. 5 nouveaux départements ont récemment décidé d’y mettre un terme , il s’agit des Deux-Sèvres, de la Charente, des Hautes-Alpes, de l’Eure et du Calvados.

Pour le Conseil de l’Ordre les questions financières et le manque d’attractivité des rémunérations n’expliquent totalement les raisons de cette érosion du volontariat. Les « évolutions de société » comme par exemple la féminisation de la profession, peuvent aussi en partie l’expliquer.

Aujourd’hui, pour assurer la pérennité d’une activité de permanence des soins qui ne soit pas exclusivement hospitalière, le Conseil national de l’Ordre des médecins appelle les différents acteurs à sortir d’une vision administrative et comptable et les incite à mieux prendre en compte le point de vue des médecins à travers les conseils et propositions des instances ordinales et professionnelles.