Après le scandale des implants mammaires, celui des prothèses de hanche ?




S’achemine t-on vers un nouveau scandale sanitaire ? Alors que celui des prothèses mammaires de la marque PIP fait toujours la une de l’actualité en France comme à l’étranger, le Figaro révèle cette semaine que des prothèses de hanche dont on connaissait la toxicité ont continué à être posées en France jusqu’en juillet 2010.

Retirées des marchés australien et américain en 2009, ces prothèses de hanche sont soupçonnées d’avoir pu libérer des particules de métaux lourds dans  l’os et le sang des patients. Ces prothèses ont aussi  entraîné un taux de reprise anormalement élevé .

Comme le souligne très justement le quotidien «Le scandale des prothèses de hanche ASR serait presque passé inaperçu si le géant américain Johnson & Johnson ne venait de provisionner trois milliards de dollars en prévision des procès à venir».

Ce n’est qu’en Juillet 2010 que le fabricant, la société DePuy Orthopaedics, a décidé de retirer ce modèle du marché  français sous la pression des autorités sanitaires.

Pourquoi a t-on pu continuer à poser ces prothèses  alors qu’elles étaient déjà considérées comme défectueuses aux Etats-Unis et en Australie ? s’interroge légitimement le Figaro.

Ce scandale dont se fait aussi l’écho la BBC ainsi que le revue spécialisée  “British Medical Journal” (BMJ) inquiète d’autant plus qu’on  ignore les conséquences générales à long terme pour la santé des patients.

Soulignant qu’un tel niveau d’incertitude n’aurait pas été acceptable pour un médicament, le Docteur Fiona Godlee, rédactrice en chef du BMJ, s’alarme de cette situation et dénonce le fait que les patients n’étaient pas été informés de risques qui étaient pourtant connus.

On estime que 93 000 personnes seraient porteuses de ces prothèses défectueuses à travers le monde dont 380 en France.