La consommation de benzodiazépines reste encore trop élevée en France




Certes l’état des lieux tel qu’il vient d’être dressé par l’Afssaps montre quelque signes encourageants. Reste que la consommation de benzodiazépines reste à un niveau trop élevé en France indique l’Agence française du médicament dans un rapport publié en début de semaine.

Les benzodiazépines sont des molécules qui agissent sur le système nerveux central et qui possèdent toutes des propriétés anxiolytiques, hypnotiques, myorelaxantes et anticonvulsivantes mais à des niveaux différents en fonction de leur structure chimique. Ils sont généralement prescrits pour lutter contre l’anxiété, les insomnies ou bien encore l’agitation psychomotrice.

Ces médicaments, qui agissent sur le système nerveux central, sont certes nécessaires pour de nombreux patients mais peuvent aussi présenter des risques : troubles de la mémoire et du comportement, altération de l’état de conscience et des fonctions psychomotrices, risque de dépendance psychique et physique pouvant s’accompagner d’un syndrome de sevrage à l’arrêt du traitement. Ces risques sont accrus chez le sujet âgé.

À côté de ces effets indésirables, le réseau d’addictovigilance a mis en évidence une utilisation problématique des benzodiazépines avec un usage abusif ou détourné par les toxicomanes et un risque d’usage criminel à des fins de soumission chimique. Il a également été démontré que la consommation de benzodiazépines pouvait altérer les capacités à conduire un véhicule.

Aujourd’hui, même si une diminution ou une stabilisation de la consommation de benzodiazépines pour les indications « anxiété » ou « insomnie » a été constatée, la consommation de benzodiazépines reste trop élevée en France.

Ainsi chaque année, un français sur cinq, soit 20% de la population, consomme au moins une benzodiazépine ou une molécule apparentée. En 2010 134 millions de boîtes ont ainsi été vendues dont 50,2 % d’anxiolytiques et 37,6 % d’hypnotiques.

Devant ce niveau trop élevé de consommation des benzodiazépines en France et les risques qui leur sont associés, l’Afssaps souhaite un meilleur encadrement de l’utilisation des benzodiazépines notamment en ce qui concerne les conditions de prescription et de délivrance.