De nouveaux marqueurs pour prédire les complications rénales en cas de diabète de type I




©Journal of the American Society of Nephrology (Janv.2012)

De nouveaux marqueurs pour prédire les complications rénales en cas de diabète de type I par le docteur Erard de Hemricourt. Une équipe de chercheurs américains vient de démontrer qu’il est possible, et cela bien longtemps à l’avance, de prédire quels patients souffrant du diabète de type I sont le plus à risque de développer au cours de leur maladie une atteinte rénale terminale pouvant conduire à la dialyse et à la greffe rénale (Circulating TNF Receptors 1 and 2 Predict Stage 3 CKD in Type 1 Diabetes. Tomohito Gohda et al. JASN January 19, 2012 ASN.2011060628).

Il s’agit ici d’un problème économique majeur puisqu’on considère que la première cause de dialyse rénale dans les pays occidentaux est … justement la néphropathie diabétique liée à l’évolution péjorative du diabète, qu’il s’agisse du diabète de type I (forme juvénile) ou de type II (forme adulte).

Grâce à la découverte de l’équipe du Professeur Andrzej Krowelski, responsable de la section génétique et épidémiologie du centre de diabète Joslin et travaillant également à l’Université Harvard à Boston, aux Etats-Unis, il est donc possible, au moyen d’une simple prise de sang de doser de nouvelles molécules, nommément le TNFR1 et le TNFR2, chez des patients diabétiques de type I ce qui pourrait permettre à court terme de proposer de nouveaux traitements permettant de protéger la fonction rénale, et cela donc, avant tout début de dégradation de celle-ci.

Actuellement, précision importante, il n’existe aucun test validé en clinique permettant de jauger à l’avance le risque d’atteinte rénale chez les patients diabétiques.

« Grâce au dosage du TNFR1 et TNFR2, nous pourrons améliorer la prise en charge des patients diabétiques qui sont le plus à risque de développer une altération de la fonction rénale » selon le Prof. Krolewski. Comme le montrent les progrès récents en génétique médicale, de plus en plus de maladies qui ne semblaient former au départ qu’une seule entité clinique se révèlent beaucoup plus complexes, avec de nombreuses variantes aux gravités multiples. C’est ainsi le cas par exemple pour le diabète de type I et II.

Ainsi, certains patients pourront présenter plus rapidement des complications cardiovasculaires, des atteintes rétiniennes, des lésions des voies nerveuses ou une insuffisance rénale liée à la néphropathie diabétique. Cette néphropathie une fois installée évolue en général vers l’insuffisance totale avec en bout de course la nécessité de recourir aux longues et lourdes séances de dialyse.

L’équipe du Prof. Krolewski a suivi pendant une période de 8 à 12 ans deux populations avec environ 400 individus souffrant de diabète de type II et 628 patients présentant un diabète de type I. Rétrospectivement, les chercheurs se sont rendus compte que les individus qui avaient des taux élevés de TNFR1 et TNFR2 étaient le plus à risque de développer par la suite une néphropathie diabétique et cela même si aucune atteinte rénale n’était détectable (ou détectée) au moment du dosage sanguin.

Selon un autre médecin de l’équipe, le Dr Nieuwczas : « des niveaux élevés de ces deux marqueurs multiplient le risque de développer des complications rénales par un facteur 3 voire 5. Très prochainement, nous espérons développer un test sanguin validé et disponible pour les patients ».

Docteur Erard de Hemricourt pour News Santé ©2012 – Tous droits réservés