1 Français sur 3 souffre d’une maladie de peau



1 Français sur 3 souffre d’une maladie de peau. Alors qu’elles ont parfois des conséquences graves et sous-estimées, les maladies cutanées ne sont pas considérées comme une priorité de santé publique. Il était nécessaire de pouvoir disposer de données épidémiologiques factuelles et objectives pour susciter une prise de conscience.

C’est la raison pour laquelle la Société Française de Dermatologie a lancé OBJECTIFS PEAU : la plus grande étude épidémiologique nationale jamais menée en dermatologie.

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Les résultats de cette étude permettent d’établir la prévalence des principales dermatoses et d’en évaluer l’impact sur la vie des patients pour faire connaître le fardeau des maladies cutanées afin d’améliorer la prise en charge.

1 Français sur 3 souffre d’une maladie de peau

Parce qu’elles engagent moins souvent le pronostic vital, les maladies de peau sont actuellement les grandes oubliées de la santé publique. Elles sont pourtant au 4ème rang mondial des maladies reconnues comme affectant le plus la qualité de vie. Aujourd’hui on estime qu’1/3 des Français* est touché par des maladies de peau 1/3 des Français* est touché par des maladies de peau : anxiété et dépression, des conséquences graves pour plus de la moitié d’entre eux avec des conséquences graves pour plus de la moitié d’entre eux de type anxiété et dépression (* De plus de 15 ans)

Consciente que l’on manquait de données objectives et quantifiables sur la réalité quotidienne des problèmes de peau de la population française, la Société Française de Dermatologie* (SFD) décidait en 2015, avec ses partenaires, de lancer un programme ambitieux : une vaste étude pour évaluer la prévalence des maladies de peau, mais aussi leur impact psychologique, sociétal, économique, ainsi que leur répercussion sur la vie professionnelle et les loisirs des personnes atteintes. Il s’agissait également de pouvoir décrire au plus près de la réalité, la prise en charge actuelle des patients, leurs parcours de soin, les délais avant diagnostic, le vécu des traitements.

Un échantillon de 20 012 Français représentatifs de la population française de 15 ans et plus a été spécifiquement constitué selon la méthode des quotas. Ils ont été interrogés par Internet, du 21 septembre au 3 novembre 2016. Un recueil d’informations auprès des 12 à 14 000 conjoints de l’échantillon ainsi constitué, ainsi que des 5 000 à 7 000 enfants de moins de 15 ans rattachés, est venu enrichir l’échantillon principal montant ainsi à 40 000 le nombre de personnes intégrées dans la totalité du projet.

Le questionnaire a été scrupuleusement élaboré en amont par le Comité Scientifique. Il a été testé au préalable dans des services dermato puis ré-affiné, afin, notamment, de faciliter
la capacité des sondés à exprimer au plus près leur réalité, de mettre les bons mots sur les maux. À ceux qui déclaraient une maladie de peau parmi les six maladies de peau emblématiques et “marquantes” (acné, dermatite (ou eczéma) atopique, psoriasis, pelade, maladie de Verneuil, vitiligo), un questionnaire complémentaire ciblé était adressé.

Une grande partie des résultats est encore en cours d’analyse. Ils seront rendus publics au cours des prochains mois.

Quelques chiffres

– 16 Millions : c’est le nombre de Français touchés par des maladies de peau (1 Français sur 3)
– Les femmes plus touchées que les hommes : 33% vs 28%
– 80% de ces 16 millions de personnes souffrent de deux maladies de peau
– 46% des patients souffrant d’acné ayant une activité professionnelle ont eu un arrêt de travail.
– 45,2% sont gênés par leur dermatose dans leur vie personnelle.
– 39,2% sont gênés par leur dermatose dans leur vie professionnelle.
– 54% des personnes atteintes d’une maladie de peau souffrent d’anxiété ou de dépression.
– 40,6% des patients atteints d’une maladie cutanée n’ont pas été suivis par un médecin au cours des 12 derniers mois

« Parce qu’elles sont visibles, les maladies de peau sont parmi les plus stigmatisantes qui soient. Il n’est pas si rare qu’un patient atteint d’une maladie de peau chronique et invalidante envisage le suicide. Parce que, tout simplement, le regard des autres, ajouté aux souffrances dans sa chair, aux lourdeurs des traitements, est au-delà du supportable. Alors que la réalité, c’est que les maladies de peau, ne sont pas contagieuses dans l’immense majorité des cas. » Stéphane Héas, sociologue.

Un fardeau au poids très sous-estimé

Ces maladies cutanées génèrent souvent un sentiment d’exclusion, voire de honte. Leurs traitements, dans le cas des maladies cutanées chroniques, sont la plupart du temps lourds, coûteux et complexes. Elles subissent de plein fouet les facteurs environnementaux : soleil, chaleur, humidité ont un impact direct sur le ressenti du patient (douleur, prurit) et peuvent engendrer des complications (macération, infection). D’où la nécessité, pour la personne atteinte et son entourage, d’adapter en permanence leurs conditions de vie.

Une course contre la montre

Une prise en charge rapide permet, dans la plupart des maladies cutanées, de limiter les dégâts. Car souvent, plus le diagnostic et les traitements tardent, plus lourdes, voire irréversibles sont les conséquences pour les patients… et plus salée sera la note pour la collectivité. Sans compter que certaines maladies cutanées chroniques sont souvent associées à d’autres facteurs de comorbidité (hypertension, diabète, maladies ostéo-articulaires…) qui eux-mêmes s’aggravent faute de diagnostic posé à temps.

INFORMER SANS RELÂCHE LE PUBLIC, ALERTER TOUS LES ACTEURS DE SANTÉ, MOBILISER LES AUTORITÉS PUBLIQUES : TELLES SONT LES 3 CLÉS POUR PRÉVENIR, LUTTER CONTRE L’IRRÉPARABLE, ET ÉVITER LES DRAMES EN CASCADE.

Tel est l’objectif de la Société Française de Dermatologie à travers cette étude.