Cancer : les Français et internet



©Fotolia

©Fotolia

Le baromètre cancer 2014 de « Institut Curie-Viavoice » s’est arrêté sur l’utilisation très controversée d’internet.

Il faut dire que l’accès d’un simple clic à l’immense source d’informations qu’est internet n’a pas manqué d’impacter l’univers de la santé et, par ricochet, les relations avec les professionnels de santé. Si les Français reconnaissent une fonction pédagogique à l’utilisation d’internet, ils n’en restent pas moins sceptiques sur sa capacité à renforcer
la relation patient – médecin.

Internet, trait d’union ambivalent entre patient et médecin

Internet peut avoir une véritable fonction pédagogique pour les patients atteints d’une pathologie lourde comme le cancer. Près de 6 Français sur 10 (58 %) estiment en effet qu’il permet de poser des questions que l’on n’oserait pas aborder avec son médecin.

Cette tendance est encore plus manifeste auprès des moins de 34 ans (72 %) et des catégories socioprofessionnelles populaires (66 %). A l’inverse, 44 % des plus de 65 ans considèrent que l’outil informatique ne permet pas de poser des questions que l’on n’oserait aborder avec son médecin. Cette dernière donnée reflète l’approche traditionnelle des seniors avec le corps médical, ayant tendance à privilégier leur médecin comme source principale d’information pour ce qui touche à leur santé. La dimension pédagogique d’internet ne semble pas enrichir ou favoriser les échanges entre patient et corps médical.

En effet,une majorité de Français (54 %) estime que la consultation d’internet, dans le cadre d’une pathologie lourde comme le cancer, ne permet pas de mieux préparer une consultation chez le médecin(versus 43 % d’accord). Sur ce point, ce sont les femmes qui se montrent les plus sceptiques (58 %). De même, elles sont 55 % à penser que cet outil ne renforce pas la qualité du dialogue lors de la consultation médicale.

Par ailleurs,plus d’1 Français sur 2 (53%) estime qu’internet complique la relation patient – médecin (versus 44 % pas d’accord). Cette affirmation est d’autant plus vraie pour les catégories socioprofessionnelles supérieures.

Internet, entre expertises, expériences et inexactitudes

Ces résultats traduisent le manque de confiance que les internautes peuvent éprouver face à des informations dont la source, et donc la crédibilité, est difficile à évaluer. Face à ce constat, il semble nécessaire de guider les usagers dans leur recherche, en commençant par les aider à dissocier l’expertise de l’expérience sur le web, afin de leur apporter des contenus validés par des professionnels ou autorités de santé.

« Les sites parlant de santé et de médecine sont extrêmement nombreux, les patients peuvent accéder à toutes sortes d’informations très complètes sur les cancers. Ils arrivent souvent en consultation avec des pages imprimées qui évoquent des innovations, des essais ou encore des équipements et nous les réclament en consultation. Or la plupart des sites tombent dans le même écueil : ils donnent une information très généraliste sur tel ou tel type de cancer, qui ne correspond pas aux besoins spécifiques de chaque patient »souligne le Dr Alain Livartowski, oncologue, responsable du projet e-santé à l’Institut Curie.