Alerte mondiale à la résistance aux antibiotiques



antibiotiques-2« Alerte mondiale à la résistance aux antibiotiques » par le Docteur Erard de Hemricourt. Ce n’est pas chose courante, mais lorsque l’Organisation mondiale de la santé (OMS) émet une alerte mondiale concernant un domaine lié à la santé publique, mieux vaut y prêter attention.

À l’occasion de son dernier rapport publié il y a quelques jours, l’OMS fournit une vision globale assez pessimiste liée à la résistance aux antibiotiques à travers la planète.

Selon l’OMS, il ne s’agit plus d’une quelconque menace locale, mais bien d’un problème global à l’échelle planétaire puisque cette résistance se rencontre dans plus d’une centaine de pays, touche tout type de patients et concerne la plupart des bactéries les plus fréquemment rencontrées par l’homme.

« Sans une action rapide et coordonnée, le monde va faire face à une ère post-antibiotique dans laquelle les infections les plus fréquentes et les blessures les plus légères, qui étaient traitées durant des décennies pourront désormais tuer » selon le Dr Keiji Fukuda, directeur associé du département de sécurité sanitaire pour l’OMS. « Les antibiotiques efficaces ont été l’un des socles qui ont permis aux hommes de vivre plus longtemps en bonne santé et de pouvoir bénéficier de nouveaux médicaments. À moins que nous n’adoptions des mesures strictes pour améliorer nos efforts et prévenir ces infections et aussi nos manières de produire, de prescrire et d’utiliser ces antibiotiques, le monde perdra progressivement ces bénéfices de santé publique et les implications seront terribles ».

Selon le rapport de l’OMS, cette problématique liée à la résurgence des infections auparavant banales se rencontre dans la plupart des pays du globe et peuvent toucher tout un chacun, les jeunes et les moins jeunes. De plus, plusieurs agents bactériens sont concernés. Parmi ceux-ci se retrouvent des bactéries fréquemment rencontrées dans des infections banales comme les diarrhées, les pneumonies, les infections urinaires ou sexuelles et les septicémies.

Ce document souligne également que, dans bon nombre de pays, aucune mesure n’est prise à la fois pour évaluer correctement ce problème de résistance, mais également pour y faire face. Malgré le fait que d’autres pays ont déjà pris les devants, sur un plan global, plus d’efforts doivent être consentis par l’ensemble des pays.

Une des solutions préconisées pour éviter l’émergence des infections précitées est d’accroître l’hygiène déficiente dans l’ensemble des pays en augmentant par exemple la qualité de l’eau potable, en améliorant l’hygiène globale des individus, en contrôlant de manière plus efficace les infections dans les établissements de santé ou en stimulant les campagnes de vaccination.

Parmi les conseils proposés, on retrouve des préceptes de bonne logique comme celui de ne jamais utiliser des antibiotiques sans prescription médicale, de toujours terminer le cycle d’antibiothérapie prescrit (et donc de ne pas terminer le traitement avant la durée recommandée qui est l’un des facteurs les plus importants qui facilite l’émergence des formes résistantes des bactéries), de ne jamais mélanger des antibiotiques entre eux ou d’utiliser des restants de boîtes déjà entamées.

Il est recommandé également aux professionnels de santé d’améliorer la prévention des infections et leur contrôle, de ne prescrire des antibiotiques qu’en cas d’ultime nécessité et surtout de prescrire le bon antibiotique par rapport à la maladie à traiter.

Docteur Erard de Hemricourt pour News Santé – Tous droits réservés-
« Ne restez plus jamais seul face à votre cancer » avec Esperity, premier site multilingue destiné aux patients touchés par le cancer