L’ Académie nationale de médecine appelle au don « post-mortem » de cerveau



Crédit photo :  E. Cabanis / Inserm

Crédit photo : E. Cabanis / Inserm

L’Académie de Médecine vient de lancer un appel aux dons de cerveaux « post-mortem » ! Objectif : permettre à la recherche sur le vieillissement cérébral et les maladies neurodégénératives (Alzheimer, Parkinson…) d’avancer.

Aujourd’hui cette recherche bute sur un obstacle de taille : la pénurie de cerveaux à étudier induite par la disparition programmée de l’autopsie scientifique en France. Selon l’Académie, seuls 0,11% des décès ont été suivis d’une autopsie en France en 2011.

Dans son communiqué, disponible dans son intégralité en cliquant ici, l’Académie rajoute que « les espoirs mis dans l’autopsie virtuelle par échographie, scanner X, ou imagerie par résonance magnétique (IRM) pour remplacer l’autopsie médicale n’ont pas, jusqu’ici, été exaucés du fait du grand nombre de discordances (32 à 42%) et de l’ impossibilité des études de biologie moléculaire ».

Des autopsies qui, aussi rares soient-elles, ont permis de montrer que

– la maladie d’Alzheimer ne représentequ’une partie des démences dégénératives et que la fréquence des démences « mixtes », notamment dégénératives et vasculaires, a été largement sous-estimée

– certaines des lésions qui caractérisent plusieurs démences dégénératives surviennent dès l’enfance ou l’adolescence

Le durcissement des lois de bioéthique qui imposent d’obtenir le consentement du donneur ou de sa famille avant de pouvoir prélever un organe post mortem n’a fait qu’aggraver la situation.

Aujourd’hui l’Académie recommande que :

  • le nom de la personne de confiance, seule décisionnaire après le décès du patient, soit systématiquement indiqué au médecin traitant, et que ses coordonnées soient notées lors de toute hospitalisation ;
  • l’autorisation du don d’organe post-mortem en vue d’une greffe soit élargie au don de cerveau pour aider la recherche ;
  • le développement des centres de ressources biologiques (neurothèques, tumorothèques, centres de maladies rares…) soit poursuivi pour permettre la conservation et l’exploitation des dons post mortem, dans le strict respect de l’éthique et de l’anonymat.