Contrefaçon de médicaments, une nouvelle alerte lancée



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Depuis plusieurs années déjà les autorités mettent en garde les consommateurs contre la contrefaçon de médicaments dont la circulation s’intensifie principalement via internet.

Une tendance malheureusement confirmée par l’Institut de recherche anti-contrefaçon de médicaments (Iracm) dans un rapport publié hier, mercredi 25 septembre 2013, et intitulé « Contrefaçon de médicaments et organisations criminelles ».

On ne le répétera jamais assez mais ces médicaments contrefaits peuvent être très dangereux pour la santé car ils n’offrent aucune garantie sérieuse sur l’origine réelle du médicament, sur son efficacité pour le traitement de la pathologie qu’il est supposé soigner, sur ses conditions de conservation durant son transport, sur la sécurité du produit, sur la qualité des matières premières utilisées, sur la présence et les quantités des substances actives, ou encore sur l’absence de substances toxiques.

Pour en revenir aux résultats du rapport de l’Ircam, il a pour objectif d’alerter l’opinion publique sur ce phénomène grandissant et encore mal connu : le crime organisé et le trafic de faux médicaments.

Et le constat est alarmant : les ventes de ces faux médicament ont représenté un marché de 75 milliards de dollars en 2010 soit deux fois plus qu’en 2005 (chiffres du «Center For Medicines in the Public Interest »).

Parmi les autres chiffres qui font peur : 95 % des pharmacies en ligne exerceraient illégalement, 50% des médicaments vendus sur internet seraient des faux selon l’OMS.

Grand banditisme, réseaux transnationaux mais aussi opportunistes en « col blanc », autant de formes criminelles prises par le trafic de médicaments contrefaits et décryptées pour la première fois dans ce rapport.

« La contrefaçon de médicaments, c’est d’abord un « chiffre noir » probablement considérable. L’efficacité et la crédibilité des réponses apportées aussi bien par l’industrie que les gouvernements ou les acheteurs potentiels, restent subordonnées au développement enfin d’une connaissance méthodique et exhaustive du phénomène, de tous ses aspects, de ses mécanismes et de la stratégie du crime organisé qui a choisi désormais, dans beaucoup de parties du monde, d’en faire une de ses activités principales », souligne Bernard Leroy, Directeur de l’IRACM.

Au printemps dernier la responsable contrefaçon pour « Les entreprises du médicament», Séverine Kupfer, confirmait cette triste tendance en déclarant à propos de la vente sur internet « Le client a une chance sur deux de tomber sur un médicament contrefait. »

Si chacun d’entre-nous prend conscience du danger représenté par ces contrefaçons, le trafic cessera forcément de lui même.

Aujourd’hui rappelons qu’en France seule la vente de médicaments sans ordonnance est autorisée mais uniquement par les pharmaciens titulaires la vente en ligne de médicaments OTC.