Des médecins qui ne sont pas assez informés sur les effets indésirables des médicaments



Crédits photo : ©Fotolia

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Les médecins ne sont suffisamment informés des effets indésirables des médicaments qu’ils prescrivent à leurs patients.

Telle est la conclusion d’une étude internationale conduite auprès de 255 médecins exerçant à Vancouver, Montréal, Sacramento et Toulouse.

Cette étude a été dirigée par B. Mintzes de l’Université de Colombie Britannique de Vancouver, avec la collaboration des chercheurs de l’Université York Toronto, l’Université de Montréal, l’Université de Californie, Davis et de l’Université de Toulouse III – Paul Sabatier.

Il en ressort que, lors des présentations réalisées par les visiteurs médicaux de firmes pharmaceutiques, les médecins généralistes ne reçoivent pas assez d’informations sur les effets indésirables des médicaments. Ces mêmes médecins seraient prêts néanmoins à prescrire en partie les médicaments promus.

Par le passé, et alors même que les médicaments peuvent présenter des effets néfastes pour sa santé, plusieurs études ont montré que les informations données par les visiteurs médicaux ont tendance à fortement à influencer la prescription médicamenteuse, souvent sans réelle prise de conscience du médecin

Histoire d’y voir plus clair, une étude a donc été menée sur la qualité des informations fournies par les visiteurs médicaux lors de la promotion de médicaments auprès de médecins généralistes.

Au total 34% des 704 médecins contactés ont accepté d’y participer. Ont ainsi été collectées des informations sur 1692 promotions de médicaments lors de visites réalisées par les visiteurs médicaux entre mai 2009 et Juin 2010.

Et il ressort de cette étude que les informations fournies par le visiteur médical concernent plus souvent les bénéfices que les risques des médicaments présentés. Dans 59% des cas, aucun effet néfaste du médicament n’a été présenté.

Et si ce constat est partagé pour l’ensemble des sites étudiés, la France fait un peu mieux que les autres les risques des médicaments étant évoqués dans 61% des cas.

Toutefois et comme le souligne l’Inserm ce chiffre est à prendre avec précaution, les informations dispensées portant le plus souvent sur des effets indésirables fréquents et bénins.

Comme dans les autres pays, 94% des présentations ne mentionnent aucun effet indésirable « grave ».

De cette étude il ressort également que 2/3 des médecins ont déclaré que la présentation les inciterait à prescrire le médicament promu ou ferait augmenter leur prescription de ce médicament, de façon « assez probable » ou « très probable ».