Cancer : sous-information ou déni ?



institutclaudiusregaudL’association Oncopole vient de présenter les premiers résultats d’une enquête menée auprès de 500 personnes* sur la perception de la maladie et les comportements en matière d’information.

«J’estime mon risque d’avoir un cancer à moins de 1 sur 100 ». C’est la réponse surprenante que font 70%des personnes interrogées. Une perception qui contraste avec le constat des épidémiologistes selon lesquels le cancer touche un homme sur deux et une femme sur trois au cours de leur vie. Les réponses obtenues, très éloignées de la réalité, interpellent sur l’efficacité de l’information diffusée par les institutions et sur l’importance du déni du risque.

« Un combat national prioritaire »

Et pourtant « mort » et « peur » sont les deux mots les plus souvent prononcés dans cette étude lorsqu’on évoque cette pathologie. Les messages positifs passent mal, les avancées de la recherche restent peu connues : «Comme le montre les données épidémiologiques, on guérit certains cancers, explique Benjamin Gandouet, directeur de l’association Oncopole. Des progrès incroyables ont été obtenus dans plusieurs localisations comme le sein, la prostate, les leucémies ou encore les cancers de l’enfant pour lesquels on obtient près de 75% de guérison suivant les données nationales». L‘ensemble des personnes estime que la l’action contre cette maladie devrait être « un combat national prioritaire ». La lutte contre le sida et Alzheimer arrivent juste derrière. En clair, beaucoup de choses restent à faire en matière d’information pour réduire l’angoisse face à cette maladie.

Où se procurer les informations médicales ?

En toute logique, les répondants citent comme sources d’information prioritaires le médecin spécialiste puis le médecin généraliste et en troisième position Internet. Le recours aux associations obtient le score le plus bas. Même observation pour les personnes ayant été touchées par la maladie.

Internet, levier d’information et d’échanges

33%, c’est le pourcentage de sondés qui ont déjà cherché des informations médicales sur Internet soit pour valider ou compléter les informations émises par un médecin, soit pour en savoir plus sur des effets secondaireset aussi pour échanger. « Ce média est en passe de devenir une source d’information et un lieu d’échanges incontournables, constate Benjamin Gandouet. Pour répondre à cette attente croissante, l’enjeu pour les
institutions du soin et les associations est de proposer des informations claires, complètes et fiables. Nous préparons le futur site Oncopole dans ce sens».

Plus globalement, l’information via les médias et les professionnels de soins joue un rôle essentiel dans le développement du diagnostic précoce et la participation au dépistage. C’est ainsi que les personnes interrogées souhaitent que soient poursuivies les campagnes sur la prévention/dépistage comme Octobre rose sur le cancer du sein (citées par 31% des sondés), la diffusion d’articles dans les médias (26%), les événements avec collecte de fonds comme le téléthon (23%).

Importance de l’information toujours pendant la maladie où elle devient indispensable pour 63% des personnes
tant pour les patients que pour les accompagnants.

Crise économique et santé

69% des sondés redoutent l’impact de la crise dans la lutte contre le cancer tant pour la qualité des soins que le développement de la recherche. 76% se disent favorables au principe de collecte de fonds pour soutenir la recherche.

* L’enquête a été réalisée en janvier 2013 selon la méthode des quotas auprès d’un échantillon représentatif de 500 personnes dans la région Midi-Pyrénées par la société Learning. Les sondés n’étaient pas affectés au moment du sondage par la pathologie cancéreuse (8 % d’entre eux avait déjà eu un cancer). www.learning-consult.com
Communiqué de presse Institut Claudius Regaud