Une liste de médicaments à écarter



Crédit : Fotolia

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Selon la revue Prescrire, trop de médicaments à balance bénéfices-risques défavorable continuent d’être commercialisés en France. Quitte à faire grince quelques dents, elle a donc décidé de publier une liste de médicaments à écarter des soins, et à remplacer par de meilleures solutions, en attendant que les autorités de santé les retirent du marché.

Selon Prescrire, les autorités de notre pays n’ont pas fait leur travail de protection des patients en autorisant ou en laissant ces médicaments plus dangereux qu’utiles sur le marché malgré des signaux d’alerte manifestes.

Cette liste a été établie sur la base des analyses publiées dans Prescrire de 2010 à 2012 (concernant les nouveaux médicaments, mais aussi d’anciens). En la publiant, Prescrire espère inciter les autorités à un sursaut salutaire et aider les soignants et patients à se préparer aux retraits du marché justifiés par les données de l’évaluation.

Sont notamment concernés :

– des médicaments actifs mais qui exposent à des risques disproportionnés par rapport aux bénéfices qu’ils apportent ;
− des médicaments anciens dont l’utilisation est dépassée, car d’autres ont une balance bénéfices-risques plus favorable ;
− des médicaments récents dont la balance bénéfices-risques s’avère moins favorable que celle de médicaments plus anciens ;
− des médicaments dont l’efficacité n’est pas prouvée au-delà d’un effet placebo, et qui exposent à des dommages disproportionnés ;
− des associations à doses fixes, qui cumulent l’exposition aux effets indésirables et aux interactions des médicaments qui les composent, sans
apporter de gain notable d’efficacité.

C’est par exemple le cas en cardiologie de l’aliskirène (Rasilez°), un antihypertenseur sans efficacité démontrée en termes de diminution des accidents cardiovasculaires, expose à un surcroît de troubles cardiovasculaires et d’insuffisances rénales.

Idem pour le fénofibrate (Lipanthyl° ou autre), le bézafibrate (Befizal°) et le ciprofibrate (Lipanor° ou autre), des hypocholestérolémiants sans efficacité clinique
démontrée, exposent à de nombreux effets indésirables, notamment cutanés, hématologiques et rénaux.

Sont également dans le viseur de la revue l’ivabradine (Procoralan°),le nicorandil (Adancor° ou autre), la trimétazidine (Vastarel° ou autre), les “vasodilatateurs”, particulièrement ceux dérivés de l’ergot de seigle, utilisés dans les “déficits cognitifs neurosensoriels liés à l’âge”…

En cancérologie/hématologie, Prescrire met en garde contre 5 cytotoxiques soit parce qu’ils ont une balance bénéfices-risques moins favorable que d’autres cytotoxiques mieux éprouvés, soit parce que des soins symptomatiques sans cytotoxique sont une meilleure option. C’est le cas du catumaxomab (Removab°), du panitumumab (Vectibix°), de la trabectédine (Yondelis°), du vandétanib (Caprelsa°) ou bien encore de la  vinflumine (Javlor°).

En Diabétologie – Nutrition, Prescrire dénonce les inhibiteurs de la dipeptidyl peptidase 4 (DPP-4), alias gliptines) tels que la saxagliptine (Onglyza°), la sitagliptine (Januvia°, Xelevia°) et la vildagliptine (Galvus°). Ils sont sans efficacité clinique démontrée sur les complications du diabète (accidents cardiovasculaires, insuffisances rénales, atteinte neurologique, etc.) et ont un profil d’effets indésirables chargé, notamment des troubles de l’immunité, des pancréatites, des hypersensibilités.

Une liste complète de ces médicaments à écarter a été publiée par domaine thérapeutique (cardiologie, Cancérologie – Hématologie, Dermatologie – Allergologie, Diabétologie – Nutrition, Gynécologie – Endocrinologie, Gastro-entérologie, Infectiologie, Neurologie…)

Elle est disponible en libre accès sur le site de revue Prescrire « Pour mieux soigner : des médicaments à écarter », un document à découvrir ici en version PDF