Et si nous vivions jusqu’à 1000 ans ?



« Et si nous vivions jusqu’à 1000 ans ? » par le Docteur Erard de Hemricourt. L’année touche à sa fin et comme le veut l’usage, il est normal de se faire de petits cadeaux entre amis. Imaginez maintenant que vous receviez LE cadeau. Celui que l’on ne peut refuser. Celui pour lequel des générations entières d’alchimistes se sont battues de par le passé. Imaginez ! La pierre philosophale ! La fontaine de jouvence !

Maintenant, arrêtez de rêver et ouvrer les yeux. Pour la première fois depuis le début de notre humanité, de ‘vrais’ scientifiques parlent de plus en plus de prolonger la vie jusqu’à une limite… non fixée. Certains parlent de 200 ans, d’autres de 500 et certains comme Aubrey de Grey en Angleterre n’hésitent pas à franchir le seuil de 1 000 ans.

Extravagance ? Propos démesurés ? Absence totale de rationalité ? Peut-être. Mais personne actuellement n’est en mesure de prédire ce que deviendra notre humanité d’ici une centaine d’années tellement les progrès, les succès scientifiques et les exploits médicaux défilent devant nos yeux largement ébahis.

Jardin des Délices Jérome Boshh (via Google Earth's -Domaine Public)

Jardin des Délices Jérome Boshh (via Google Earth’s -Domaine Public)

Ces dernières années, nous avons exploré les moindres recoins de notre planète. Nous découvrons encore des extrêmophiles vivant dans des conditions ‘inhumaines’. Nous avons visité notre satellite naturel et nous continuons notre mission spatiale en envoyant des robots de plus en plus performants sur Mars. Nous parlons de dimensions cachées, de boson de Higgs et de théorie de super-cordes. Nous ne maîtrisons pas encore la matière noire et l’énergie invisible cachée au creux de notre univers mais cela ne saurait tarder. Nous venons de franchir en décembre 2012 la découverte de la 850e planète extrasolaire avec, excusez du peu, plus de 600 systèmes planétaires. Avec à la clé, la possibilité toujours espérée de l’existence de traces de vie ailleurs.

Du point de vue de la biologie et de la médecine, nous ne sommes pas en reste. Nous maîtrisons de mieux en mieux les outils de séquençage génétique. Que de progrès en effet depuis l’annonce du premier décryptage du génome humain il y a une dizaine d’années. Nous pouvons actuellement, en moins d’une semaine et pour quelques centaines de dollars déchiffrer le génome, l’exome et par extension, mieux comprendre le protéinome et le métabolome.

Nous avons il y a quelques années identifié la technologie permettant de recréer des cellules souches au départ de cellules cutanées, et ces dernières semaines, nous avons franchi un pas supplémentaire, celui de produire des cellules souches pluripotentes au départ d’extraits d’urine (Generation of human induced pluripotent stem cells from urine samples. Nature Protocols 7, 2080–2089 – 8 Nov. 2012) !

Nous discutons de plus en plus de la possibilité dans un ‘certain’ futur de créer un fœtus viable en se basant non plus sur des gamètes naturels mais sur des cellules adultes reprogrammées et remodifiées.

Certains geeks n’hésitent pas à évoquer une nouvelle ère pour l’homme avec la création de premiers ponts de mémoires entre l’homme et la machine au moyen de micropuces directement implantées à même le tissu cérébral. Et pour confirmer cette tendance, Ray Kurzweil, futurologue, expert en intelligence artificielle et par ailleurs personnage très connu outre-atlantique pour ses ouvrages sur le transhumanisme et ses prédictions sur la singularité vient tout récemment d’être engagé comme directeur du département d’ingénieurie auprès de Google.

Faut-il dès lors d’étonner quand certains spécialistes tels qu’Aubrey de Grey parlent de l’immortalité chez l’homme ? Le but n’est pas tant de devenir immortel mais de rester le plus longtemps en bonne santé. Et par ‘plus longtemps’, comptez en centaines d’années ! Le constat est simple, à quoi sert-il de consacrer la majeure partie des dépenses de soins de santé durant sa dernière année de vie, qui plus est pour des maladies de société tout à fait évitables.

Il suffit de regarder les chiffres pour comprendre l’ampleur du problème : augmentation affolante des cas d’obésité (plus de 35% de la population adulte aux États-Unis), d’hypertension artérielle (un adulte sur trois dans le monde), de diabète (triplement des cas à l’horizon 2 050 selon le CDC d’Atlanta), de cancer (accroissement de plus de 50% de nouveaux cas entre 2000 et 2020 selon l’OMS), etc.…

Aubrey de Grey et tous ses collègues ont et auront bien du pain sur la planche pour avancer vers cette immortalité car ce chemin semble dès à présent semé d’embûches mais force est de constater que lorsqu’on a de l’argent, du génie et des idées, rien n’est impossible .

Et puisqu’on évoque les progrès de la technologie,  je voudrais vous présenter dans un tout autre domaine, la Google Car, la première voiture sans conducteur.

Rendez-vous donc au XXIIème siècle …

Docteur Erard de Hemricourt pour News Santé ©2012 – Tous droits réservés
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