Arthrose : un traitement prometteur à l’étude



Avec 7 millions de personnes touchées en France et plus de 58 millions en Europe, l’arthrose ne bénéficie aujourd’hui d’aucun traitement de fond capable de faire reculer anatomiquement la maladie. La commission européenne a ainsi décidé de financer un programme de recherche sur 4 ans coordonné par le Professeur Christian Jorgensen (CHRU de Montpellier) : le projet ADIPOA, un programme collaboratif pour lequel le CHRU de Montpellier est le coordonnateur européen. 200 chercheurs,  originaires de 7 pays s’attellent à valider un nouveau concept de traitement basé sur la thérapie cellulaire : Une « bio-infiltration » de cellules souches adipocytaires ( ASC) prélevées dans le tissu adipeux du patient est réalisée au niveau de l’articulation malade pour activer la « régénérescence » du cartilage.

Ces cellules sont traitées préalablement à l’injection. Elles possèdent de formidables capacités de sécrétion de facteurs de croissance et de stimulation des cellules souches endogènes du cartilage qui régénèrent les cellules composant le cartilage (chondrocytes). Les premiers résultats obtenus ont été présentés à l’ensemble des douze partenaires en présence des membres du comité scientifique et éthique et du représentant de la commission européenne, lors de la première réunion annuelle à Bologne début 2011. Depuis, le traitement étant considéré comme sans risque par le professeur Jorgensen, des demandes sont en cours pour réaliser une étude de l’efficacité à grande échelle (étude de phase 1), en traitant 86 patients dans 3 pays (France, Allemagne et Italie).

Qu’est ce que l’arthrose ?
L’arthrose est la maladie articulaire la plus répandue. Elle se caractérise par la perte du cartilage au niveau des articulations, qui deviennent ainsi très douloureuses. La plupart des traitements actuels proposés aux patients consistent à réduire la douleur et à diminuer au maximum la gêne fonctionnelle occasionnée mais il n’existe pas de véritable guérison.

Le programme Adipoa
Il regroupe 12 partenaires : 10 centres de recherche académiques (hôpitaux, laboratoires publics, universités) dont l’unité INSERM et 2 PME issus de 7 pays de l’union européenne (France, Irlande, Italie, Allemagne, Pays- Bas, Lituanie) et Israël, soit plus de 200 chercheurs. Le professeur Christian Jorgensen, responsable de l’équipe médicale de thérapeutique des maladies osteoarticulaires et immunothérapies à l’Hôpital Lapeyronie au CHRU de Montpellier, pilote ce projet et en  assure la direction scientifique.

Les différentes phases de l’étude
Des tests d’efficacité et de sécurité ont été effectués sur le lapin et la chèvre dont les résultats ont été publiés début 2011. Après avoir obtenu l’autorisation de l’agence française de sécurité sanitaire des produits de santé (Afssaps) et du comité de protection des personnes (CPP), l’étude clinique de phase 1 chez l’homme a pu débuter. L’objectif de cette étude clinique est de s’assurer de l’innocuité et de la tolérance du traitement. Le premier patient a donc été inclus dans le protocole en avril 2012 et le deuxième en juillet 2012. La structuration du projet et des équipes favorise les interactions entre trois domaines d’activité essentiels qui sont la recherche expérimentale physiopathologique de laboratoire (cellules souches, chondrocytes, médecine régénératrice), la recherche clinique chez l’homme, et le transfert technologique vers le secteur privé en favorisant le développement et la mise sur le marché de nouveaux concepts thérapeutiques. A terme, l’objectif du consortium est de transférer la technologie de production des ASC (cellules stromales) de moyenne à grande échelle et de mettre à disposition des ampoules de cellules stromales prêtes à l’emploi pour les patients atteints d’arthrose sévère et de développer une biothèque basée sur ce concept.

Pour le moment, les résultats des études pré-cliniques ont permis la mise en place de l’essai clinique de phase 1. Le CHRU de Montpellier a accepté de se porter promoteur de cet essai clinique multicentrique qui se déroule en Allemagne (Université de Würzburg) et en France (CHRU de Montpellier). Les démarches réglementaires ont été effectuées auprès du Paul Ehrlich Institute (PEI, Allemagne) et de l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des produits de santé (ANSM, France) et des CPPs allemand et français. Les équipes allemandes et françaises ont travaillé ensemble afin d’aboutir à un protocole unique qui tient compte des exigences réglementaires des deux Etats.
L’autorisation d’essai clinique a été obtenue en mars 2012 pour l’Allemagne et en décembre 2011 pour la France. L’avis favorable du CPP a été accordé en juillet 2012 pour l’Allemagne et en mars 2012 pour la France. Un contrat de partenariat a été rédigé entre le promoteur (CHRU de Montpellier) et l’Université de Würzburg. Les termes de ce contrat définissent le périmètre des missions confiées à chaque intervenant, et les responsabilités de chacun en termes de secret professionnel, de propriété intellectuelle et de respect de la réglementation. Les résultats de l’essai clinique feront l’objet de publications scientifiques dans des revues internationales. Le CHRU de Montpellier figurera ainsi en bonne place dans ces articles.

ATTENTION –  Le Programme ADIPOA semble prometteur mais n’est pour l’instant qu’à l’étude. Même si les 1ers essais cliniques sur des patients viennent de débuter, le CHRU de Montpellier ne recherche pas de volontaires pour participer à cette étude. Aucune inscription n’est donc possible.

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