Cancer du sein : Prix Ruban Rose pour Anne Vincent-Salomon



© Pedro Lombardi / Institut Curie

Alors que se déroule Octobre Rose, opération internationale de sensibilisation à la lutte contre le cancer du sein, Anne Vincent-Salomon, médecin pathologiste et chercheuse, reçoit le 10 octobre le prix Ruban rose 2012, de l’association « Le cancer du sein parlons-en ! », pour ses recherches qui contribuent à mieux comprendre les différentes formes de cancers du sein sur le plan moléculaire.

Issue d’une lignée de médecins, Anne Vincent‐Salomon ne cache pas son admiration pour la figure maternelle, médecin du travail, pionnière, dynamique et passionnée par son métier. Des traits de caractères qu’Anne Vincent‐Salomon lui a empruntés. Une histoire de génétique sans doute, mais pas que !

Difficile pour elle de raconter de manière linéaire son parcours professionnel tant il est riche en rebondissements. Avec enthousiasme, elle évoque comment elle a embrassé la carrière médicale, portée par la soif de se rendre utile notamment envers les femmes. C’est en effectuant un stage chez une scientifique renommée dans le domaine du cancer du sein qu’elle décide de poursuivre sa carrière dans un centre de lutte contre le cancer et de se concentrer sur la pathologie mammaire.

Un engagement au service des femmes

A l’Institut Curie, Anne Vincent‐Salomon peut profiter d’un environnement à la fois scientifique et médical où recherche clinique et recherche fondamentale occupent une place cruciale. Une aubaine pour cette pathologiste qui poursuit désormais une thèse de sciences. Les découvertes scientifiques sont au rendez‐vous : elle montre, sur le plan moléculaire, que les cancers sont hétérogènes dès les premiers stades de la maladie. Puis, elle s’intéresse au pronostic des cancers du sein dits agressifs : pourquoi, alors que tous les signaux biologiques utilisés en routine « sont au vert », les patientes font‐elles une rechute deux ou trois ans plus tard ? Elle montre alors avec ses collègues1 l’existence d’une signature génétique associée à ces mauvais pronostics : plus le nombre de dégâts observés sur les chromosomes est important, moins le pronostic est bon. Cette signature a depuis été validée comme un marqueur pronostic plus efficace que l’analyse histologique dans certaines formes de cancers du sein très fréquentes.

Grâce au prix Ruban rose, qu’elle dédie à ses collègues, Anne Vincent‐Salomon pourra notamment financer le bioinformaticien du groupe pour quelques mois supplémentaires.

Débordante d’énergie, elle explore d’autres voies pour mieux comprendre la formation des tumeurs mammaires : elle est ainsi la pathologiste Française référente pour le programme européen de séquençage des tumeurs (programme ICGC). En tirant parti des collections de tumeurs de l’Institut Curie et d’outils mathématiques très sophistiqués, ce travail a déjà montré que la résistance des tumeurs aux traitements était liée à leur hétérogénéité cellulaire. « L’avenir est sans aucun doute dans la combinaison de thérapies ciblées pour traiter une même tumeur » s’enthousiasme Anne Vincent‐Salomon.

Pour celle qui s’imaginait médecin dans l’humanitaire, son engagement est désormais tout entier dédié à la cause des femmes atteintes de cancer.

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