Attention à l’infarctus méconnu



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« Attention à l’infarctus méconnu » par le Docteur Erard de Hemricourt. Les maladies cardiovasculaires et en particulier l’infarctus du myocarde sont des maladies importantes de notre société, et cela pour deux raisons essentiellement : tout d’abord en raison de l’impact direct ou retardé sur la vie et la qualité de vie des patients, ensuite en raison de l’importance grandissante de l’épidémie de lésions vasculaires observées à partir d’un certain âge.

Évidemment, ces pathologies ne surviennent pas par enchantement mais suite à l’accumulation au long cours de multiples facteurs de risque comme l’hypertension artérielle, l’excès de poids, la sédentarité, bref, le mode de vie occidental.

Mais, si nous connaissons assez bien les facteurs de risques pouvant conduire au développement de telles maladies cardiovasculaires, connaissons-nous réellement la place qu’occupe l’infarctus du myocarde dans notre société ?

Une nouvelle étude publiée dans la revue de médecine JAMA apporte justement quelques précisions avec de nouvelles données statistiques (Prevalence and prognosis of unrecognized myocardial infarction determined by cardiac magnetic resonance in older adults. Erik B. Schelbert et al. JAMA. 2012 ; 308 (9) ; 890-897).

Cette étude épidémiologique a été réalisée en Islande de janvier 2004 à janvier 2007 auprès de 936 patients inclus dans la base de données ICELAND MI. Le but était d’analyser la prévalence d’un éventuel infarctus méconnu. Les patients, âgés de 67 à 93 ans, étaient tous suivis régulièrement depuis 1967 par la ‘Icelandic Heart Association’.

Au cours de cette étude, tous les patients – qu’ils aient ou non des antécédents cardiovasculaires – ont pu bénéficier d’un examen clinique associé à un électrocardiogramme ainsi qu’un examen d’imagerie par résonance magnétique (IRM) du tissu cardiaque.

Grâce à la technique d’IRM, les médecins se sont rendu compte que l’infarctus myocardique non reconnu était presque deux fois plus fréquent que l’infarctus connu. Sur un total de 100 %, 74 % des patients n’avaient pas d’infarctus, 10 % avaient un infarctus connu, 5 % présentaient un infarctus diagnostiqué uniquement grâce à l’ECG et 17 % un infarctus mis en évidence par la technique d’IRM. De plus, la technique de l’IRM était beaucoup plus efficace que l’ECG pour révéler un infarctus méconnu chez les patients diabétiques.

Selon l’article en question : « la prévalence d’un infarctus myocardique méconnu chez les personnes âgées avec ou sans maladie diabétique pourrait être beaucoup plus importante que ce que l’on supposait jusqu’à présent. Les avancées dans le domaine de l’imagerie permettent dès à présent de mieux détecter les maladies cardiaques silencieuses. Les études tissulaires montrent que la rupture subclinique de la plaque coronarienne survient fréquemment, et cela surtout dans un contexte de diabète ».

Sachant qu’un nombre plus important d’individus présente un infarctus méconnu, cette étude a le mérite d’attirer l’attention vers un groupe à risque qui pourrait bénéficier d’une approche thérapeutique plus agressive. En effet, le taux de mortalité associé aux infarctus connus sur le plan clinique approchait dans l’étude islandaise 33 % alors que ce taux n’était que de 28 % en cas d’infarctus non reconnu (et 17 % pour les individus sans aucun signe d’infarctus).

Docteur Erard de Hemricourt pour News Santé ©2012 – Tous droits réservés
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