Les crèmes solaires mises à l’index



©National Cancer Institute

Polémique autour de la protection que sont censées nous apporter les crèmes solaires. Interrogée par Libération, la professeure Laurence Coiffard, directrice du laboratoire Pharmacie industrielle et cosmétologie de l’université de Nantes, met en garde et dénonce contre ces trop nombreux crèmes solaires dont lindice est inférieur à celui affiché.

C’est partir à des résultats d’une trentaine d’analyses effectuées au sein de son laboratoire que Laurence Coiffard s’est rendue compte que 25 à 30% des ces produits de protection solaire avaient un indice inférieur à celui affiché sur l’emballage. Dans certains cas l’indice était même très largement inférieur.

C’est d’autant plus grave que parmi ces produits figurent des protections pour enfants « C’est intolérable quand on sait qu’il y a près de 10 000 nouveaux cas par an de mélanome, la forme la plus grave de cancer liée au soleil » a t-elle notamment déclaré au quotidien afin de faire remarquer de très nombreuses étaient du coup persuadées de bien protéger leur(s) enfant(s).

Dénonçant les tests effectués par les fabricants qui selon elle sont faits par l’industrie et pour l’industrie, elle espère que son appel sera entendue par les autorités sanitaires même si, dans l’état actuel de choses, rien ne semble pouvoir bouger.

« Il n’y aura jamais de signaux, et c’est normal. Les gens vont rarement chez le médecin pour un coup de soleil. D’autant qu’ils ne peuvent pas savoir si la brûlure est liée à la qualité de la crème ou à une mauvaise application » a t-elle rajouté rappelant que les mélanomes apparaissaient généralement 10 à 20 ans plus tard.

 

A propos du mélanome métastatique et du BRAF : Diagnostiqué à temps, le mélanome peut généralement être guéri. Toutefois, lorsqu’il se propage à d’autres parties de l’organisme, il est la forme de cancer de la peau la plus mortelle et la plus agressive. L’espérance de vie d’un patient présentant un mélanome métastatique n’est habituellement que de quelques mois en moyenne. Seule une personne sur quatre environ atteinte de mélanome métastatique est susceptible d’être encore en vie un an après le diagnostic.