Aucun intérêt à modifier son taux de testostérone ou d’hormone de croissance…



©Mike1024 (DP)

« Aucun intérêt à modifier son taux de testostérone ou d’hormone de croissance si l’on pratique le culturisme (bodybuilding) » par le Docteur Erard de Hemnricourt.

Malgré tous les encarts publicitaires et toutes les annonces qui affirment que prendre tel aliment ou tel supplément alimentaire (tribulus, arginine, …) augmenterait notre taux de testostérone ou notre taux d’hormone de croissance, deux études cliniques récentes apportent un démenti formel et confirment qu’il ne sert à rien de vouloir manipuler d’une quelconque manière que ce soit notre taux naturel d’hormone si l’on désire prendre plus rapidement de la masse musculaire en cas de pratique du bodybuilding.

C’est donc ce qui ressort de deux publications récentes (Sex-based comparisons of myofibrillar protein synthesis after resistance exercise in the fed state. Daniel W.D. West et al. Journal of Applied Physiology June 1, 2012 vol. 112 no. 11 1805-1813 // Associations of exercise induced hormone profiles and gains in strength and hypertrophy in a large cohort after weight training. Daniel W.D. West et al. ; Europ. J. of Appl. Physiology. Vol. 112, Number 7 (2012), 2693-2702) où les auteurs ont analysé entre autres l’évolution du taux de testostérone et de l’hormone de croissance chez un panel d’hommes et de femmes jeunes avant et après une série intense d’exercice physique.

Et les conclusions de ces deux études sont sans appel : si le taux de testostérone augmente bien – en tout cas chez l’homme, ce taux est multiplié par 45 entre l’après et l’avant-entraînement, la croissance des fibres musculaires chez l’homme et chez la femme reste globalement identique. Or chez la femme, le taux de testostérone reste faible que ce soit avant, pendant ou après l’entraînement physique.

Selon le Dr West, le fait d’observer une croissance musculaire identique chez l’homme et la femme alors que l’on observe un profil de testostérone fort différent implique que cette hormone n’agit que très peu dans la prise de masse musculaire : « une idée très répandue dans le monde du bodybuilding concerne l’importance de la testostérone ou de l’hormone de croissance naturelle comme élément majeur dans la fabrication du muscle or ce n’est tout simplement pas le cas. »

Et toujours selon le Dr West : « alors que la testostérone à très haute dose est définitivement une hormone anabolique qui encourage la croissance musculaire chez les hommes ou les femmes qui consomment des stéroïdes anabolisants (hormones synthétiques et donc non naturelles, NDR), nos résultats montrent que les taux naturels de testostérone n’influencent pas la vitesse de synthèse des protéines musculaires ».

Dans la seconde étude mentionnée ci-dessus, les auteurs ont analysé la progression en terme de gains de masse musculaire chez un groupe de 56 hommes âgés de 18 à 30 ans. Chacun des participants devait s’entraîner au moins 5 fois par semaine pendant un total de 3 mois.

La prise moyenne de masse musculaire a été évaluée à 5 kg. Cependant, aucune corrélation n’a pu être mise en évidence entre cette progression musculaire et les taux de testostérone ou d’hormone de croissance post-exercice. Cela signifie donc que la croissance musculaire réelle observée ne dépendrait donc pas de notre taux d’hormones dites anaboliques, une idée souvent défendue par bon nombre de culturistes et d’experts dans ce domaine.

Docteur Erard de Hemricourt pour News Santé ©2012 – Tous droits réservés