Coup de tonnerre dans le cas d’éradication du VIH chez le « patient de Berlin »



(PRWEB) Le Workshop International sur la résistance et la guérison des infection à VIH/SIDA et au VHC (virus de l’hépatite C) se tient à Sitges (Espagne) du 5 au 8 Juin. Le Professeur Lafeuillade (Service des Maladies Infectieuses du CH de Toulon) y assiste et nous communique les dernières révélations scientifiques sur le cas unique du patient de Berlin. L’interview du Professeur Lafeuillade est l’objet de ce communiqué.

Le Professeur Alain Lafeuillade, organisateur du congrès ISHEID (cf lien internet) du 23 au 25 mai à Marseille a accueilli à ce congrès le « patient de Berlin », le seul individu au monde déclaré comme guéri du VIH/SIDA (première publication en 2009, publication finale en décembre 2012). Etait aussi présent l’hématologue qui l’a guéri en lui pratiquant 2 grefefs de moëlle résistante au VIH à Berlin.

Depuis lors, ce patient est retourné vivre aux Etats Unis. Les examens pratiqués ces 6 derniers mois et vérifiés dans plusieurs laboratoires des NIH (National Institute of Health) aux USA montrent que ce patient séronégatif abrite en fait toujours le virus.

C’est le sens de la communication orale faite le 8 juin au workshop de Sitges par Steven Yukl de San Francisco.

Les virologues américains ont pu isoler de l’ARN du VIH à plusieurs reprises du sang de ce patient et de l’ADN proviral dans ses cellules rectales. « Ces examens étaient négatifs à Berlin fin 2011, » déclare le Professeur Lafeuillade. « Cela peut vouloir dire que les tests que nous utilisons en Europe ne sont pas assez sensibles, ou que le virus est ré-apparu depuis lors ». Une autre hypothèse est que le patient se soit ré-infecté.
Lorsque les souches de VIH actuelles ont été comparées entre elles, elles ont montré des différences, et des différences avec celle qui infectait ce patient avant la greffe.

« On ne peut donc pas conclure si c’est le VIH initial qui est toujours resté présent à très faibles quantités, et qui a évolué, ou si ce sont de nouvelles souches acquises lors de rapports non protégés, » ajoute le Professeur Lafeuillade. « Ce qui est sûr, c’est que la science a fabriqué une chimère qui est séronégative mais porte toujours le VIH, un cas qui reste unique au monde, » précise le praticien. On ignore actuellement si le patient, dont les taux de VIH sont extrêmement faibles, est capable de transmettre le virus.

Le workshop de Sitges est donc un coup de tonnerre mais aussi un coup d’accélérateur vers de nouvelles stratégies pour guérir du VIH. « Ce patient est en train de nous apprendre plus sur la biologie du VIH que nous l’espérions et ouvre la voie à de nouvelles approches thérapeutiques, » conclue le Professeur Lafeuillade.