Trop de tabac au cinéma…



Ligue contre le cancer (DR)

A l’occasion de la journée mondiale contre le tabac, la Ligue contre le cancer dévoile une étude inédite réalisée avec l’institut Ipsos sur l’utilisation abusive et illégale du placement du tabac dans les œuvres cinématographiques. Objectif : dénoncer la valorisation du tabagisme dans les films français.

Et force est de constater que les industriels du tabac profitent du cinéma français pour détourner l’interdiction de la publicité et la promotion des produits du tabac.

Ainsi et selon cette étude qui a porté sur 180 films sortis entre 2005 et 2010, 80% de ces films présentent des situations avec une représentation du tabac (personnages qui fument, briquets, cendriers paquets de cigarettes…).

Selon la Ligue contre le Cancer cela représente en moyenne à l’écran 2,4 minutes (147s) sur une durée moyenne par film de 99 minutes (soit 2,5% de la durée du film). C’est « l’équivalent de 5 publicités commerciales habituellement projetées à la télévision ou au cinéma » déplore la Ligue dans son communiqué.

Pour le professeur Jacqueline Godet, présidente de la Ligue contre le cancer, cette façon de procéder revient à détourner la loi Evin qui interdit la publicité, la promotion et le sponsoring du tabac.

Plusieurs films sont pointés du doigt comme « Incontrôlable » de Raffy Shart, « Cliente » de Josiane Balasko, « Le petit lieutenant » de Xavier Beauvois…

Dans ces longs métrages, si les marques de tabac sont peu visibles, les objets y faisant référence apparaissent beaucoup trop souvent.

La Ligue dénonce également le fait que dans de trop nombreux cas, ces films mettent en action des personnages qui fument dans des lieux publics ! Ce non-respect de la loi peut encourager des infractions au quotidien.

Pour que ces agissements cessent, la Ligue réclame une identification compréhensible par tous des films comportant des séquences de valorisation du tabac; une interdiction aux moins de 18 ans des films comportant des séquences d’images de marque de produits du tabac ou bien encore l’arrêt de toute subvention publique pour les œuvres cinématographiques qui ne respecterait pas la loi.