La vitamine D ralentirait la progression du cancer de la prostate



Affiche Association Française d'Urologie (DR)

« La vitamine D ralentirait la progression du cancer de la prostate » par le Docteur Erard de Hemricourt. Pour celles et ceux qui suivent régulièrement les informations médicales, peu de doutes subsistent quant à l’action bénéfique de la vitamine D sur notre organisme.

Sans revenir en détail dans une énumération longue et fastidieuse des qualités de la vitamine D et des conséquences du manque d’ensoleillement surtout dans nos contrées nordiques, insistons sur les preuves scientifiques qui relient la carence en cette vitamine – ou devrait-on dire cette hormone puisque cette molécule agit comme une réelle hormone au sein de nos tissus et cellules – avec l’émergence des pathologies cardiovasculaires, de la sclérose en plaque ou du cancer du colon pour ne citer que ces quelques maladies.

Et bien que de très nombreuses études expérimentales ou de suivi longitudinal (études observationnelles de cohorte) aient montré un réel intérêt de la vitamine D, il manque toujours de bonnes études prospectives, interventionnelles, randomisées et contre placebo afin de prouver de manière irrévocable l’intérêt d’une supplémentation en vitamine D sur la prévention ou le développement de certaines pathologies. Mais ne désespérons pas puisque ces études, à l’instar de l’étude VITAL, sont en cours et nous fournirons très bientôt des éléments définitifs probants.

Mais pour l’instant, arrêtons-nous sur une petite étude expérimentale dont les résultats viennent d’être montrés à l’occasion du congrès annuel de l’American Association for Cancer Research qui vient de se tenir à Chicago aux États-Unis.

Cette étude, menée par le Professeur Reinhold Vieth de l’Université de Toronto au Canada a analysé l’impact d’une supplémentation à haute dose en vitamine D chez les hommes présentant un cancer de la prostate non étendu. Un total de 66 hommes a été sélectionné et a reçu une dose quotidienne de vitamine D évaluée soit à 400 UI, soit à 10 000 UI soit à 40 000 UI. Précisons toutefois que les recommandations officielles, souvent décriées par de nombreux spécialistes, ne recommandent qu’une supplémentation variant de 400 à 800 UI par jour !

Après exérèse du tissu prostatique cancéreux, les médecins ont analysé différents marqueurs cellulaires prostatiques et ont pu mettre en évidence une certaine corrélation entre la prise de vitamine D et le marqueur Ki67 qui est un témoin de l’agressivité tumorale. Au plus la prise quotidienne de vitamine D était importante, au plus bas se situait le taux de Ki67.

Les chercheurs ont également pu montrer que les taux de certains microARNs inhibiteurs de la croissance cellulaire cancéreuse étaient également augmentés au prorata du taux de vitamine D dans l’organisme.

Selon le Prof. Vieth : « cette étude montre que le calcitriol (forme active de la vitamine D dans l’organisme) a un impact direct sur la croissance du tissu cancéreux. Nous ne savons pas encore quelle est l’importance de cet impact mais c’est déjà un bon signe. Nous espérons que cette première étude préclinique ouvrira la porte pour d’autres études cliniques plus précises concernant l’utilité de la vitamine D dans le traitement et la prévention du cancer de la prostate »

Docteur Erard de Hemricourt pour News Santé ©2012 – Tous droits réservés

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