Calvitie et impuissance : l’Afssaps fait le point



Depuis plusieurs jours cette information fait la une de l’actualité santé. Dans son édition de samedi le Parisien a indiqué que les effets secondaires du Propecia., un médicament anti-calvitie bien connu, pouvaient perdurer après le traitement.  Pour mémoire ces effets ont été identifiés bien avant sa commercialisation et figurent dans la notice du médicament (baisse de la libido, troubles de l’érection et troubles de l’éjaculation) . Ces effets secondaires sont considérés comme « réversibles » à l’arrêt du traitement

Evoquant des procès  engagés aux Etats-Unis par une centaine de victimes, le quotidien indiquait même que le Propecia avait été placée en France sous surveillance renforcée avant une possible remise en cause de son autorisation de mise sur le marché.

Aujourd’hui et face à l’inquiétude légitime des quelques 32 000 Français à qui ce médicament aurait été prescrit en 2010,  l’Afssaps a décidé de faire le point.

Dans un communiqué publié aujourd’hui l’agence française du médicament précise que des cas de troubles de l’érection persistant après l’arrêt du traitement et de cancer du sein chez l’homme ont bien été rapportés mais sans qu’un lien de cause à effet n’ait pu être établi.  A ce jour, en France, seuls deux cas de troubles sexuels persistants après l’arrêt de Propecia ont été enregistrés dans la base nationale de pharmacovigilance.

Ces effets potentiels ont été ajoutés dans le résumé des caractéristiques du produit et la notice initiale du médicament en 2009 et en 2010 et font l’objet d’une surveillance approfondie par l’autorité sanitaire européenne indique l’Afssaps.

L’Afssaps rappelle :

  • qu’il convient de respecter la dose de 1 mg/jour, l’augmentation de posologie n’apportant pas de bénéfice thérapeutique
  • que les patients doivent se rapprocher de leur médecin, en cas de survenue d’effets indésirables ; ils pourront à cette occasion revoir la pertinence de la poursuite du traitement au regard des effets ressentis et de leurs inquiétudes
  • que, compte tenu de son action sur le métabolisme des hormones mâles dans l’organisme, Propecia est formellement contre-indiqué chez la femme, notamment du fait d’un risque de malformations des organes génitaux chez le fœtus masculin
  • Les effets indésirables touchant la sphère sexuelle étant un sujet souvent difficile à aborder pour les patients, l’Afssap rajoute qu’il est possible de déclarer directement les effets suspectés au Centre Régional de Pharmacovigilance dont ils dépendent géographiquement au moyen du formulaire disponible sur le site Internet de l’agence.