Le Baclofène : un traitement miracle contre l’alcoolisme ?



©sanofi aventis

Le baclofène (Lioresal® et génériques) est-il oui ou non un traitement miracle pour lutter contre l’alcoolisme ? Pour le professeur de cardiologie Olivier Ameisen, cela ne fait aucun doute.  Ancien alcoolique, il l’a encore rappelé hier à  l’occasion d’une conférence donnée à l’hôpital Cochin de Paris.

«Sans le baclofène, vous n’y arriverez pas» a t-il lâché revenant notamment sur son histoire, celle d’un homme qui n’arrivait pas à se défaire de sa dépendance à l’alcool, d’un homme qui, après avoir alterné cures de désintoxication et réunions chez les alcooliques anonymes, a pensé à mettre fin à ses jours.

C’est après avoir testé le baclofène durant plusieurs semaines que Olivier Ameisen dit avoir constaté une «suppression complète, rapide et sans effort de la maladie». Professeur à l’université de  New York et expert en addictologie, il indique avoir ressenti «une indifférence complète à l’alcool (…) et une sensation de «bien-être» jusque-là disparue.

«Je serais mort idiot, je ne savais pas que la vie était belle» a t-il notamment martelé.

Pour Olivier Ameisen le baclofène est un produit miracle permettant à la fois de guérir de « la dépendance à l’acool » mais aussi des « autres substances ».

Lors de cette conférence de presse il a notamment expliqué qu’aucun cas de dépendance au baclofène n’avait été décrit en 50 ans et qu’aucun effet secondaire sévère ni irréversible n’avait été répertorié.

Pour autant le baclofène est-il un traitement miracle contre l’alcoolisme ? Les autorités sanitaires françaises restent plus que prudentes et rappellent que le bénéfice du baclofène dans l’alcoolo-dépendance n’est pas démontré à ce jour.

Et de rappeler que les données de sécurité d’emploi dans cette indication, où les doses utilisées sont le plus souvent supérieures à celles évaluées et autorisées, sont limitées.

Le baclofène est un relaxant musculaire d’action centrale qui a été  autorisé depuis 1975 dans le traitement des contractures musculaires involontaires (spasticité) d’origine cérébrale ou survenant au cours d’affections neurologiques telles que la sclérose en plaques ou certaines maladies de la moelle épinière.

D’où la mise en garde des autorités sanitaires quant à l’utilisation du baclofène pour toute autre indication.