Notre sociabilité sous l’influence d’une protéine



Revue Psychopharmacology (DR)

« Notre sociabilité sous l’influence d’une protéine » par le Docteur Erard de Hemnricourt. Dans une société équilibrée, nous trouvons des gens qui ont tendance à rester enfermés sur eux-mêmes ou à l’inverse des individus complètement extravertis. Nous trouvons des personnes ne présentant aucune affinité pour les réseaux sociaux (qu’ils soient virtuels ou réels) et d’autres qui présentent une aptitude innée à se fondre au sein de groupes divers. Certains sont froids, d’autres présentent une empathie profonde.

Les recherches avaient déjà montré qu’une protéine, l’ocytocine, jouait un rôle important dans cet état de fait. Cette protéine qui est surtout connue pour être produite et libérée en grande quantité lors de l’accouchement a gagné depuis quelques années ses galons dans le domaine de la psychologie puisqu’on sait qu’elle intervient également dans la sociabilité des individus.

Une équipe de médecins canadiens de l’Université Concordia de Montréal vient de publier une étude dans la revue Psychopharmacology (Acute intranasal oxytocin improves positive self-perceptions of personality. C. Cardoso et al. Psychopharmacology. DOI 10.1007/s00213-011-2527-6) qui reprend les données d’une étude menée auprès de 100 individus âgés de 18 à 35 ans.

Il avait été demandé aux participants et participantes de répondre à un questionnaire précis concernant leur état général et émotionnel 90 minutes après avoir reçu un spray nasal. Dans la moitié des cas, ce spray nasal contenait de l’ocytocine, dans l’autre moitié, un placébo sans aucune action. Les médecins canadiens ont au moyen de ce questionnaire évalué différentes caractéristiques telles que neuroticisme (aptitude à ressentir des sentiments négatifs), extraversion, ouverture aux nouvelles expériences, etc.

Il ressort des questionnaires que les personnes qui avaient reçu le spray à base d’ocytocine présentaient de manière plus importante un comportement extraverti et étaient désireuses d’expérimenter de nouvelles expériences par rapport au groupe placébo.

D’après le Dr Cardoso, l’un des auteurs de l’étude, ces résultats confirment l’impact de l’ocytocine dans l’amplification de certains traits de comportement comme la chaleur, l’altruisme, la confiance et la franchise. Selon un autre auteur, le Dr Ellenbogen : « notre étude montre que l’ocytocine aide les gens à avoir une meilleure image d’eux-mêmes, à se sentir plus en confiance, plus extravertis et finalement plus sociables ».

Docteur Erard de Hemricourt pour News Santé ©2011 – Tous droits réservés

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