Salon MEDICA-2011 : quoi de neuf en médecine ?



©Docteur de Hemricourt pour NewsSanté - DR

« Salon MEDICA-2011 : quoi de neuf en médecine ? » par le Docteur Erard de Hemricourt. Comme chaque année, vers la même période de l’année, se tient LE salon à ne pas manquer si on est quelque peu féru de technologie médicale. L’occasion de voir de nouveaux produits, des prototypes ou simplement de revoir (et de manipuler) des objets originaux. Bref, ce salon est le lieu idéal pour se faire une idée de ce que la technologie permet et permettra de réaliser d’ici quelques années.

Évidemment, inutile de préciser qu’il est humainement impossible de tout passer en revue puisque ce salon ne comporte pas moins de 17 halls avec plus de 18 000 produits en tout genre. Même en y passant les 4 jours que dure cet événement, il n’est pas illusoire de consacrer tout le temps nécessaire pour étudier tout à son aise.

Voici donc un bref résumé des objets, concepts ou innovations qui ont attiré le regard.

1/ On commencera par un appareil relativement récent sur le marché censé révolutionner ou du moins améliorer très nettement la prise en charge et le traitement des douleurs migraineuses et autres céphalées de tension. Il s’agit d’un appareil assez original développé par une firme belge (STX-Med) au doux nom de CEFALY.

Le concept de cet appareil repose sur l’application transcutanée d’un courant électrique de neurostimulation spécifique dans le but d’interrompre les influx douloureux (blocage de l’information véhiculée par les fibres nociceptives – pour les spécialistes) parcourant les branches du nerf trijumeau (ou le nerf occipital pour l’arrière du crâne). Bref, il s’agit donc d’appliquer au moyen d’une électrode placée directement sur la peau du front une stimulation électrique particulière. Ce courant apporte ainsi un soulagement net et rapide des douleurs survenant dans le cadre de certains types de migraines et de céphalées de tension.

De plus, les migraineux peuvent utiliser le Cefaly également pour prévenir les crises douloureuses. Outre son application dans le domaine des douleurs, cet appareil peut également être utilisé pour réduire le stress ainsi que pour soigner d’éventuelles insomnies. Cet appareil est déjà en vente sur le territoire européen et a fait l’objet d’études cliniques préalables qui ont confirmé son rôle médical.

2/ Le futur de la médecine pourrait se résumer en deux mots : miniaturisation et efficacité. C’est le cas pour certains appareils portables qui commencent à apparaître sur le marché et qui, à l’instar des glucomètres ou autres oxymètres, peuvent fournir des renseignements quasi instantanément sur certaines valeurs du sang. Voici donc deux appareils qui renseignent sur l’INR qui est l’un des paramètres de la coagulabilité du sang qu’il faut régulièrement contrôler lors de la prise de certains médicaments.

Il est en effet demandé aux patients de contrôler leur INR en cas de prise de certains anticoagulants afin de vérifier le bon dosage et d’éviter soit le sous-dosage (faible efficacité du médicament) soit le surdosage (risque d’hémorragie). À l’heure actuelle, les patients sont obligés de se rendre au laboratoire et d’y faire une prise de sang afin de réaliser ce contrôle. Avec les tout nouveaux appareils portables, cela pourrait bien vite changer. Il suffirait ainsi au patient de contrôler chez lui (ou lors de sa visite médicale chez son médecin traitant), au moyen d’une simple goutte de sang, directement son taux d’INR.

3/ Dans la même veine de ce qui vient d’être mentionné, voici un appareil censé révolutionner l’approche du patient par le médecin généraliste et spécialiste. On en avait déjà parlé précédemment mais le salon 2011 a été l’occasion de ‘jouer’ avec ce bijou de technologie. Il s’agit du premier échographe de poche commercialisé par la compagnie General Electric.

Au format d’un smartphone, cet appareil est pour l’instant muni de deux sondes, l’une à visée cardiologique, l’autre mieux adaptée à l’étude de l’abdomen (essentiellement pour le tissu hépatique).

Aussi lourd et encombrant qu’un simple téléphone de poche grand format, vous l’aurez compris, cet outil du 21e siècle a tout pour plaire, à part son prix qui est annoncé à … 6 000 euros.

 

4/ À l’époque du tout électronique, on ne pouvait faire l’impasse sur ce nouveau capteur qui se colle à même la peau et qui a pour but de récolter toute une série d’informations liées aux caractéristiques du patient à savoir sa fréquence cardiaque, sa fréquence respiratoire, les mouvements du patient, etc …

En attendant les vrais vêtements intelligents bourrés de capteurs électroniques et transmettant par bluetooth ou ondes WiFi qui arriveront d’ici quelques années dans le commerce, voici donc le senseur portable METRIA. Fallait-il le préciser, ce détecteur transmet toutes ses données directement à un téléphone de type Android (une application existe déjà) et une version Iphone/Ipad serait en développement aux dires du constructeur.

5/ Voici un appareil qui intéressera au premier plan tous les patients souffrant d’insuffisance respiratoire, de bronchite chronique ainsi que … les sportifs désirant améliorer leurs prouesses sportives. Il s’agit du POWERBREATHE K3 fabriqué par la compagnie anglaise du même nom. Il s’agit d’un petit appareil permettant d’entraîner les muscles intervenant dans l’inspiration.

L’inspiration est un acte inconscient dominé par le principal muscle inspiratoire : le diaphragme. Quand l’inspiration devient active, cela en devient un acte conscient et fait intervenir d’autres muscles comme les muscles inspiratoires accessoires. C’est ici qu’intervient le Powerbreathe en permettant justement d’entraîner, de ‘muscler’ tous ces muscles inspiratoires.

Selon les études cliniques réalisées, cet entraînement permet de diminuer la gêne respiratoire éprouvée par exemple dans la bronchite chronique (dyspnée), permet d’améliorer les capacités inspiratoires des malades et permet d’accroître, pour les sportifs, leurs capacités respiratoires et ainsi leurs performances sportives. Tout cela ne se fait évidemment pas en un jour mais au bout d’une période de pratique et d’entraînement assez variable en fonction de l’état physiologique de départ et du résultat escompté.

6/ Pour changer de registre, voici un prototype, donc non encore commercialisé, d’un outil ayant pour but de renseigner les chirurgiens orthopédistes de l’efficacité des implants d’ostéosynthèse placés sur les os en cas de fracture. Les ingénieurs de la compagnie allemande Livetec, encouragés par le ministère allemand pour la Recherche et l’Éducation, ont élaboré un système d’ostéosynthèse électronique dit ‘intelligent’ à transmission RFID. Et comme une photo vaut 1000 mots, voici donc à quoi cela correspond :

Une puce RFID est couplée au matériel d’ostéosynthèse et transmet par onde à un ordinateur placé en dehors du corps humain toute une série d’informations liée à la déformabilité et aux pressions enregistrées au sein de l’os lésé. Il existe pour l’instant deux types de prototypes, l’un à batterie (durée de quelques mois), l’autre rechargeable à distance (boîtier à placer sur la peau par exemple). L’avenir nous dira si ce prototype pourra trouver sa place au sein du monde de l’outillage chirurgical.

7) Voici un produit un peu moins technologique mais bougrement utile : le COOLSENSE. Cet appareil produit et commercialisé par une compagnie israélienne vient de recevoir son label CE. Il s’agit d’un applicateur ‘antidouleur’ qui permet, en refroidissant la peau localement et brièvement d’atténuer ou d’annuler les effets douloureux liés à une piqûre. Il s’agit simplement du principe de l’anesthésie par le froid.

Cet appareil se conserve au congélateur et garde la température froide imposée pendant un certain temps ce qui permet une utilisation immédiate. Pour l’avoir testé, l’effet est garanti. Il suffit simplement de bien respecter les consignes du fabriquant : appliquer l’embout gelé pendant au moins 5 secondes sur la peau à piquer. Très utile pour les petits enfants ainsi que certains patients comme les patients diabétiques obligés de contrôler régulièrement leur taux sanguin de glucose.

8/ Lorsqu’on voit le système EARLYSENSE (fabriqué par une compagnie israélienne), on a du mal à comprendre le mécanisme tellement cela tient de l’incroyable et pourtant, il s’agit d’un système assez étonnant de mesure des paramètres cardiaques et respiratoires du patient que l’on place … en dessous du matelas. Donc plus besoin de coller des électrodes et autres détecteurs sur le patient lui-même. Il suffit de placer directement sous le matelas (quelle que soit son épaisseur) cette tablette composée d’un matériel piézoélectrique ultrasensible pour enregistrer toutes les microdéformations liées aux mouvements du cœur et des poumons au sein de l’organisme du patient. Cet appareil permet également d’enregistrer les mouvements du malade et de détecter une éventuelle chute par exemple. Cet outil est déjà commercialisé aux États-Unis dans certains hôpitaux et institutions pour personnes âgées.

9/ Pour terminer, on trouve de plus en plus de compagnies (américaines et chinoises entre autres) impliquées dans le diagnostic immédiat de l’infarctus myocardique. Suite à un infarctus, on observe assez rapidement une libération dans le sang du malade de certaines molécules assez spécifiques du muscle cardiaque endommagé. Ces molécules sont révélatrices de l’infarctus en cours et ce sont celles-là que le médecin dosera en urgence pour établir son diagnostic formel.

Plusieurs molécules peuvent être analysées comme la myoglobine, la CK-MB ou la troponine I (molécule la plus utile en clinique pour faire le diagnostic). Outre l’électrocardiogramme et la clinique, il existe à l’heure actuelle (en fonction des pays) des tests chimiques utilisables quasi instantanément par le médecin appelé en urgence au domicile du patient et qui lui permet d’établir le diagnostic de l’infarctus. Il suffit de récolter une goutte de sang, de l’appliquer sur les différents réactifs chimiques et d’attendre entre 5 et 20 minutes. Et voilà ! Très utile dans les zones peu desservies par le réseau hospitalier.

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