Effacer les marques de vieillissement des cellules devient possible



© Inserm/Disc/ F.Koulikoff/F.Launay

Oui il est désormais d’effacer les marques de vieillissement des cellules.  Tel est le message délivré par l’équipe AVENIR Inserm « Plasticité génomique et vieillissement » dirigée par Jean Marc Lemaitre, chargé de recherche Inserm à l’Institut de génomique fonctionnelle (Inserm/CNRS/Université de Montpellier 1 et 2). Cette équipe vient en effet de réussir à rajeunir des cellules de donneurs âgés, vieilles de plus de 100 ans démontrant ainsi la réversibilité du processus du vieillissement cellulaire.

Ces cellules âgées, reprogrammées in vitro en cellules souches pluripotentes (iPSC pour « Induced pluripotent stem cells ») ont retrouvé leur jeunesse et les caractéristiques des cellules souches embryonnaires (hESC): elles peuvent se différencier à nouveau en cellules de tous types après une véritable cure de « jouvence ». Ces résultats constituent une avancée significative pour la recherche sur les cellules iPSC et une nouvelle étape vers la médecine régénérative.Les résultats sont publiés dans la revue Genes & Development datée du 1er novembre 2011.

Pour y parvenir Jean Marc Lemaitre et son équipe ont utilisé une stratégie adaptée qui consiste à reprogrammer des cellules, grâce à un « cocktail » spécifique de 6 facteurs génétiques tout en effaçant les marques du vieillissement. Les chercheurs ont montré que les cellules souches iPSC obtenues ont alors la capacité de reformer tous les types cellulaires de l’organisme. Elles possèdent des caractéristiques physiologiques de cellules « jeunes », tant du point de vue de leur capacité proliférative que de leur métabolisme cellulaire

En multipliant des cellules de la peau (fibroblastes) d’un donneur de 74 ans pour atteindre la sénescence caractérisée par l’arrêt de la prolifération des cellules, ils ont ensuite procédé à la reprogrammation in vitro de ces cellules donnant ainsi « naissance » à un cocktail de 6 facteurs génétiques.

Et grâce à ce nouveau cocktail les « cellules sénescentes, reprogrammées en cellules souches pluripotentes iPSC fonctionnelles, réacquièrent les caractéristiques de cellules souches pluripotentes de type embryonnaires. En détail, elles ont retrouvé leur capacité d’autorenouvellement et leur potentiel de différentiation d’antan, ne conservant aucune trace de leur vieillissement antérieur ».

« Les marqueurs de l’âge des cellules ont été effacés et les iPSC,  que nous avons obtenues peuvent produire des cellules fonctionnelles, de tous types avec une capacité de prolifération et une longévité accrues » a déc laré Jean Marc Lemaitre

Ces très encourageants résultats ont poussé l’équipe à tester le cocktail sur des cellules plus âgées de 92, 94, 96 jusqu’à 101 ans. Là encore les résultats ont été concluants confirmant que « l’âge des cellules n’était définitivement pas une barrière à la reprogrammation ».