Erreurs de lecture plus nombreuses en cas de mammographies répétées



Crédit : National Institutes of Health

« Erreurs de lecture plus nombreuses en cas de mammographies répétées » par le Docteur Erard de Hemricourt. L’une des polémiques actuelles concernant le dépistage du cancer du sein par mammographie repose sur le risque d’erreurs liées à la lecture des clichés radiographiques (ou numériques en cas de mammographie digitale). Ces erreurs peuvent soit correspondre à des faux négatifs (on passe à côté d’une lésion bien réelle) soit à des faux positifs (le radiologue décrit une lésion suspecte ou franchement cancéreuse alors que le tissu examiné est au départ tout à fait normal).

L’équipe du Dr Hubbard s’est penchée sur le risque de faux positifs associés à la lecture des mammographies réalisées dans le cadre du dépistage classique du cancer du sein (Cumulative Probability of False-Positive Recall or Biopsy Recommendation After 10 Years of Screening Mammography: A Cohort Study. Rebecca A. Hubbard et al. Ann Intern Med October 18, 2011 155:481-492).

Les premiers résultats de cette étude indiquent qu’au cours d’une décennie de dépistage annuel, plus de la moitié des femmes testées par mammographies devront retourner voir leur médecin pour effectuer d’autres tests en raison de résultats erronés – ces fameux faux positifs. Et environ une personne sur douze (8 % de l’ensemble des femmes testées) devra même passer par la voie de la biopsie pour vérifier la validité des informations radiographiques fournies.

Information essentielle : recommander un dépistage tous les deux ans au lien d’un contrôle annuel permettrait de réduire le risque de faux positif d’un tiers. La probabilité de faux positifs lors d’une mammographie au cours d’une décennie passerait ainsi de 61 % à 42 %.

L’équipe du Dr Rebecca Hubbard a analysé environ 170 000 femmes américaines (sans cancer du sein démontré) âgées de 40 à 59 ans ainsi que 4 500 femmes présentant un cancer du sein invasif. L’analyse des données indique qu’au plus tôt on commence le dépistage massif (à partir de 40 ans), au plus on s’expose au risque d’erreurs lié aux faux positifs en raison de la difficulté à analyser des seins jeunes qui sont plus denses.

Citant le Dr Kerlikowske, coauteur de l’étude et professeur de médecine à l’Université de San Francisco en Californie : « cette étude apporte une estimation précise du risque de faux positifs liés à la technique de la mammographie pour les femmes amenées à réaliser des examens radiographiques répétés et fournit une information importante sur le caractère délétère lié à cet examen répété ».

« Le rappel des femmes pour réaliser d’autres tests pour ce qui, finalement se révélera être un résultat négatif, amène beaucoup de stress et d’angoisse aux patientes. Sans parler des biopsies et aspirations à l’aiguille fine qui peuvent provoquer une souffrance inutile avec des cicatrices parfois inesthétiques ».

Docteur Erard de Hemricourt pour News Santé ©2011 – Tous droits réservés