VIvons en Forme : Les nouvelles ambitions d’un programme unique de prévention du surpoids et de l’obésité



Alors que le coup d’envoi vient d’être donné au PNNS 3 et au Plan National Obésité, le Pr Monique Romon, professeur de nutrition au CHU de Lille et présidente de l’association FLVS, a présenté aujourd’hui les évolutions du programme de prévention de l’obésité infantile que l’association porte depuis 2004 sous le nom d’EPODE.

Cette approche originale a défini un véritable modèle de prévention de l’obésité. Elle intègre une méthode et des outils conçus par des experts et des représentants du terrain, et s’appuie sur l’engagement d’élus et une mobilisation sans précédent de toutes les énergies à l’échelle locale. « On inclut de plus en plus d’acteurs d’horizons variés dans nos plans d’actions » témoigne Monique Valaize, adjointe à la santé publique de la ville de Béziers, une des villes pionnières dans la mise en oeuvre de la démarche. « Des associations culturelles, des régies de quartier, des établissements scolaires… Certains organisent des ateliers de peinture autour des aliments, d’autres montent un carnaval de fruits et légumes. Ailleurs on finance les licences sportives d’enfants en surpoids qui s’inscrivent dans une pratique sportive. On a également un supermarché itinérant qui circule dans les maisons de quartiers pour aider les familles à décoder les produits des rayonnages de magasins ! »

Pour être efficaces, les actions du programme utilisent les techniques de marketing social, qui s’attachent à comprendre les barrières au changement et à identifier des leviers possibles pour faciliter ce changement.

De fait, le programme a rencontré en 7 ans un extraordinaire succès : d’une dizaine, le nombre des villes mettant en oeuvre les outils du programme est passé à près de 250 !

Une évolution à la mesure de l’urgence de la situation

Forte de cette riche expérience accumulée depuis 7 ans, l’association fait prendre au programme un tournant majeur afin de lui permettre de mieux répondre aux besoins restitués par ses acteurs locaux. « Certes, les lignes bougent en matière de prévention dans les villes où le programme est présent », rappelle le Pr Romon. « Mais nous ne pouvons nous en contenter. Il faut aller au-delà ! Nous faisons face à un contexte qui n’est plus celui d’Epode à l’époque de son lancement ».

Intensifier les actions visant à toucher les populations défavorisées

Aller au-delà, c’est tout d’abord prendre en compte la plus grande difficulté de toucher les populations défavorisées avec des messages de santé publique. « Dans certains milieux, donner à manger des chips et des sodas est encore assimilé à une récompense, et les fruits et légumes sont vus comme des médicaments ! » rappelle le Pr Romon. « Il y a des contraintes économiques, mais aussi des référentiels qui peuvent rendre particulièrement difficile -voire stigmatisante- l’adoption de nouveaux comportements. » Le programme va donc s’attacher à intensifier les actions visant à toucher les populations défavorisées, comme c’est par exemple le cas du plan de réaménagement des cours de récréation dans les quartiers « C.U.C.S » (Contrat Urbain de Cohésion Sociale), en partenariat avec le Ministère de la Ville.

Mieux impliquer les parents dans leur rôle de transmetteurs de modèle de vie plus sains

L’expérience acquise au cours des 7 années de mise en oeuvre du programme a aussi révélé que même si les initiatives menées sur les enfants à travers leur milieu éducatif donnaient de bons résultats, il était essentiel de renforcer les actions au niveau de leur environnement immédiat, à savoir leurs parents. « Il est clair qu’un enfant aura beaucoup de mal à modifier durablement ses habitudes de vie s’il doit ramer à contre-courant de tout son milieu familial ! » note Christophe Roy, Directeur du Programme VIF, Association FLVS. Une attention toute particulière va donc être apportée afin de mieux impliquer les parents pour qu’ils se sentent totalement investis de leur responsabilité de transmetteurs de modèles de vie plus sains. Ainsi, à partir de l’automne 2011, les actions se déploieront dans le cadre d’une thématique annuelle, centrée sur des problématiques fédératrices pouvant trouver leur écho dans le quotidien des familles, comme les “portions”, le “partage” et la “découverte”. Le comité d’experts et les acteurs de VIF valoriseront dans ce cadre des initiatives qui s’appuieront sur l’échange intergénérationnel autour de l’exercice physique et de l’alimentation.

Une évaluation scientifique pour mieux partager les actions

Dès octobre 2011, le programme expérimentera une grille d’évaluation des actions engagées dans les villes. Conçue par des équipes pluridisciplinaires (nutrition, épidémiologie, sociologie), cette méthodologie devra permettre d’évaluer les actions conduites sur le terrain pour mieux les faire connaître. « L’objectif est de voir ce qui fonctionne le mieux et comment ces actions peuvent être applicables ailleurs », explique le Pr Romon. « C’est l’illustration même d’une approche nouvelle de la prévention santé. » Ces grilles d’évaluation devraient pouvoir être étendues à l’ensemble du réseau des villes partenaires d’ici trois ans.

Un nouveau nom pour mieux refléter les nouvelles ambitions du programme

En cohérence avec les ambitions élargies que l’association a fixées au programme, celui-ci devient VIF (VIvons en Forme). Plus en phase avec la volonté d’ouverture que ses concepteurs souhaitent donner au programme, cherchant à éviter la stigmatisation parfois perçue derrière le terme « Obésité », ce nom a aussi pour vocation de porter un message simple : « vivre en forme » est un droit. Il doit donc être accessible à tous !

Crédit/Source : Assocation FLVS/Ruder Finn