La stimulation cérébrale profonde au secours de la mémoire



Photo: © Laboratoire GlaxoSmithKline

« La stimulation cérébrale profonde au secours de la mémoire » par le Docteur Erard de Hemricourt. Stimuler électriquement une partie du cerveau pourrait améliorer la mémoire en facilitant la production de nouvelles cellules nerveuses, c’est ce que rapporte une nouvelle étude publiée cette semaine dans l’éditorial du Journal of Neuroscience (Stimulation of Entorhinal Cortex Promotes Adult Neurogenesis and Facilitates Spatial Memory. Scellig S. D. Stone et al. The Journal of Neuroscience, 21 September 2011, 31(38): 13469-13484; doi: 10.1523).

La technique de stimulation cérébrale profonde qui consiste à envoyer des impulsions électriques sur le cerveau est une approche thérapeutique déjà éprouvée dans la maladie de Parkinson et qui pourrait également fonctionner dans la prise en charge des troubles cognitifs et mnésiques rencontrés dans la maladie d’Alzheimer selon les premiers résultats d’une étude de phase I chez l’être humain.

Les chercheurs canadiens sous la direction du Prof. Paul Frankland de l’Hôpital des Enfants malades de Toronto (SickKids) a testé ce type de stimulation électrique chez les souris. La cible désignée était le cortex entorhinal qui est une structure du cerveau située à proximité immédiate de l’hippocampe, autre structure cérébrale intervenant dans les processus de mémorisation et d’apprentissage.

Dans cette étude, les chercheurs ont montré qu’en stimulant pendant une heure le cortex entorhinal des souris, ils parvenaient à doubler le nombre de neurones nouvellement créés au sein de l’hippocampe. Et même si l’effet cellulaire s’atténuait au bout d’une semaine, les nouvelles cellules formées présentaient un fonctionnement normal et étaient capables d’établir des connexions avec les autres cellules nerveuses environnantes.

Les chercheurs ont ensuite testé à distance, six semaines après la première stimulation, l’impact de cette création neuronale sur les capacités mnésiques de l’animal. Les auteurs de l’étude ont constaté que les animaux qui avaient été stimulés présentaient un comportement différent des animaux témoins, non stimulés, lorsqu’il leurs était demandé de naviguer autour d’une surface partiellement immergée dans une piscine. Les souris stimulées parvenaient à rester une plus grande partie du temps à proximité immédiate des berges de l’îlot, suggérant une amélioration de la mémoire spatiale.

Cette étude semble donc suggérer que la stimulation de zones précises du cerveau pourrait entraîner le développement de nouvelles cellules neuronales au sein de régions cérébrales particulières.

D’après le Prof. Frankland : « ces nouvelles données ont des implications cliniques importantes puisqu’elles autorisent une nouvelle approche thérapeutique dans la prise en charge des troubles mnésiques chez l’individu ».

Les prochaines études sur l’homme permettront d’y voir plus clair et de confirmer l’intérêt de cette technique non invasive sur le cerveau de patients souffrant de troubles mnésiques.

Docteur Erard de Hemricourt pour News Santé ©2011 – Tous droits réservés