La santé est-elle devenue un luxe ?



84% des femmes pensent que l’accès aux soins n’est pas le même pour tous À l’occasion de la sortie dans les librairies du ’’Manifeste pour une santé égalitaire et solidaire’’ (17 propositions listées sous la direction du Professeur Olivier Lyon-Caen, éditions Odile Jacob), aufeminin.com a réalisé une enquête exclusive auprès de ses internautes pour connaître leur rapport aux soins et le coût que cela représente.

Si les répondantes reconnaissent à 67% que le système de santé français est très protecteur par rapport à d’autres pays, elles sont nombreuses à regretter des tarifs élevés, un difficile accès à certains spécialistes, un parcours coordonné complexe… En d’autres termes, que la santé ne soit pas aussi solidaire qu’on le laisse penser.

Voici les enseignements de l’enquête.

La santé est un coût qui pèse sur le quotidien

Sécurité sociale, mutuelles privées et CMU obligent, les soins de santé ne doivent pas être considérés comme une dépense. Pourtant, dans le quotidien des répondantes, la réalité s’éloigne beaucoup des principes.

Elles sont 70% à hésiter « parfois » ou « souvent » à consulter un spécialiste car cela représente un poste de dépense important dans le budget de leur ménage.

Dans la même idée, elles sont 58% à se renseigner sur les honoraires et le secteur de convention d’un nouveau médecin avant de le consulter.

Pourquoi tant de réticences, alors que les frais sont remboursés ? Justement, c’est ici que le bât blesse. Selon 43% des répondantes, les remboursements ne sont pas les mêmes pour tous, en fonction des mutuelles souscrites, ce qui creuse une fois encore les inégalités sociales.

Alors santé, sécurité… inégalité ?

C’est un fait : 84% des femmes ayant répondu pensent que l’accès aux soins n’est pas le même pour tous. Un sentiment qui s’explique avant tout par les écarts de remboursement précédemment évoqués. Mais pas seulement.

Le parcours coordonné revient finalement plus cher que l’ancien système selon 50% d’entre elles, le déremboursement de certains médicaments n’est pas toujours justifié pour 51%… Autrement dit, à force de vouloir faire des économies sur les dépenses de la sécurité sociale, elles ont le sentiment de payer le prix fort.

Résultat : 47% des répondantes attendent du gouvernement qu’il s’engage par une loi à réduire les inégalités sociales et territoriales en matière de santé.

La prévention n’est pas accessoire

C’est la bonne nouvelle du sondage : la prévention est totalement ancrée dans les réflexes. Pas forcément grâce aux campagnes d’information et de sensibilisation du gouvernement (qui n’ont convaincu que 15% des interrogées), mais parce que les répondantes sont naturellement prévenantes et concernées par la question, à 49%.

Oui mais voilà. La prévention, encore une fois, à un prix. S’il est facile pour chacun d’agir sur son hygiène de vie, les dépistages et les visites de contrôle représentent une dépense.

40% attendent donc du gouvernement que tous les examens de dépistage soient gratuits.

Confiance, mais toute en méfiance

Paradoxalement, malgré les dysfonctionnements financiers, les interrogées gardent confiance en notre système de santé à 67%.
De plus, 71% d’entre elles estiment que les tarifs pratiqués par les généralistes sont globalement satisfaisants, et 61% suivraient les yeux fermés les conseils de leur médecin traitant en cas d’intervention chirurgicale. Ce qui prouve que l’entourage médical immédiat est plutôt rassurant.

En revanche, les récents scandales sanitaires du Mediator et plus récemment du Protelos ont laissé leur empreinte : 41% des répondantes souhaitent que le gouvernement contrôle de plus près les laboratoires pharmaceutiques.

Communiqué de presse Aufeminin.com/FHCOM