Ingénierie tissulaire : visions du futur



« Ingénierie tissulaire : visions du futur » par le Docteur Erard de Hemricourt. Ingénierie tissulaire, thérapie génique, création artificielle de vie ou matériaux biocompatibles. Tout cela ne vous évoque probablement pas grand-chose et c’est assez normal puisqu’il s’agit globalement de concepts de recherche qui ne présentent à l’heure actuelle très peu voire aucune retombée concrète sur le plan clinique.

Par contre, pour ceux qui participent cette semaine à la réunion annuelle de l’EMBC-IEEE 2011 qui se tient actuellement à Boston, il s’agit de sujets bien concrets qui font partie du quotidien de dizaines de milliers de chercheurs.

Et dans ce domaine, on assiste à une véritable course de vitesse entre les laboratoires (pour la plupart américains ou chinois) avec comme objectif ultime le désir fou de recréer un tissu vivant, un organe entier fonctionnel à partir de quelques cellules prélevées sur l’organisme du patient.

Science-fiction ? Ce pouvait l’être il y a à peine une dizaine d’années. Ce ne l’est actuellement plus puisque les chercheurs sont déjà parvenus à recréer, en laboratoire, certains tissus du vivant tels que vaisseaux sanguins ou vessie.

Ainsi, à côté de la thérapie génique qui consiste à modifier ou remplacer certaines structures génétiques manquantes ou lésées, à côté de la thérapie cellulaire qui remplace des cellules abîmées par des cellules souches, voici poindre une troisième voie de recherche, celle de l’ingénierie tissulaire, qui apportera à moyen et long terme une réponse au problème lié à la pénurie concernant les organes transplantables.

En écoutant les experts (IEEE 2011 : Nanobiomaterials – Dr K. Christman, Dr A. Khademhosseini, Dr E. Jabbari) expliquer leur sujet à la tribune, cela paraît simple et facile : on extrait de l’organisme une petite partie de tissu, on le ‘décellularise’ via certaines enzymes spécifiques afin d’obtenir un échafaudage, on y sème quelques cellules spécifiques, quelques facteurs de croissances et d’autres substances magiques et hop, un nouvel organe apparaît.

Aux États-Unis, la première cause de mortalité tous sexes confondus est la pathologie cardio-vasculaire et plus particulièrement celle liée à l’infarctus du myocarde. Une fois cet infarctus survenu, le patient doit composer avec un cœur amoindri, affaibli, ne parvenant que faiblement à remplir sa fonction principale de pompe mécanique.

Grâce à l’ingénierie tissulaire, tout cela pourrait bientôt changer : on parvenant à recréer intégralement du tissu cardiaque fonctionnel, les chercheurs espèrent le réimplanter dans un premier temps au sein du cœur abîmé et ainsi d’améliorer la fonction cardiaque. Chez l’animal, cela semble marcher. Il ne reste plus qu’à le tester chez l’homme.


Coeur-battement3 par Erardd

Docteur Erard de Hemricourt pour News Santé ©2011 – Tous droits réservés