Nouveau traitement prometteur dans l’insuffisance cardiaque.



« Nouveau traitement prometteur dans l’insuffisance cardiaque » par le Docteur Erard de Hemricourt. À l’occasion d’une publication récente dans la revue Circulation du mois de juin 2011 (Calcium upregulation by percutaneous administration of gene therapy in cardiac disease – CUPID study, M. Jessup et al. Circulation. 2011. DOI : 10.1161/CirculationAHA.111.022889), une équipe américaine revient sur les résultats semble-t-il prometteurs d’une approche thérapeutique novatrice dans la prise en charge de l’insuffisance cardiaque sévère.

Cette maladie, pas si rare dans nos contrées, reste malgré l’amélioration importante des moyens thérapeutiques actuels, grevée d’un taux élevé de mortalité à court et moyen terme avec environ 20 à 30 % de décès au bout d’un an pour les cas les plus sévères.

L’équipe du Professeur Hajjar de la Mount Sinai School of Medicine de New York a testé au moyen d’une étude de phase II, randomisée, en double aveugle et contre placébo, une thérapie génique consistant à introduire directement par cathétérisme cardiaque un gène spécifique appelé SERCA2a.

Ce gène spécialement préparé et adapté dans le laboratoire du Prof. Najjar code pour une protéine spécifique appelée Calcium-ATPase du réticulum sarcoplasmique. Cette enzyme a pour fonction essentielle de faciliter l’entrée de calcium au sein de la cellule myocardique afin d’en faciliter son fonctionnement. Or, dans les cas les plus sévères de défaillance cardiaque, les anciennes études avaient justement montré une réduction importante de cette protéine.

Le but de l’étude était donc de fournir directement aux cellules du cœur endommagé le gène SERCA2a et de vérifier l’éventuel impact au moyen de plusieurs paramètres soit biologiques, soit échographiques, soit fonctionnels soit cliniques.

Cette étude, débutée il y a un an vient donc de livrer ses premiers résultats concrets qui, aux dires des investigateurs semblent assez prometteurs. En effet, sur un tout petit panel de 39 patients enregistrés, ceux qui avaient reçu les doses les plus importantes du gène SERCA2a étaient ceux qui présentaient le taux le plus important d’amélioration à tous points de vue.

De plus, les chercheurs ont observé au bout d’un an une réduction importante du taux d’hospitalisation en unité cardiovasculaire chez les patients qui avaient justement bénéficié de la dose la plus importante (0,4 jour vs 4,5 jours pour les patients du groupe placébo).

Cerise sur le gâteau, aucun effet néfaste lié au traitement n’a été observé au cours de la période de suivi. Selon le Professeur Najjar : « Peu de traitements ont montré une telle amélioration des paramètres cliniques dans cette maladie au cours de la dernière décennie. L’étude CUPID offre une nouvelle approche thérapeutique prometteuse dans cette pathologie cardiaque grave ».

Malgré plusieurs critiques liées à certains biais statistiques dans l’étude et au nombre peu élevé de patients inclus dans cette étude de phase II, il s’agit d’une nouvelle étape dans la prise en charge de l’insuffisance cardiaque et comme d’habitude, d’autres études plus complètes et plus vastes devront être réalisées afin de confirmer la valeur réelle du gène SERCA2a.

Docteur Erard de Hemricourt pour News Santé ©2011 – Tous droits réservés