Dépendance et vulnérabilité des personnes âgées…



« Dépendance et vulnérabilité des personnes âgées : le conseil national de l’ordre des infirmiers contribue au débat ».

Lors de la séance du Conseil national de l’Ordre des infirmiers du 28 juin 2011, les membres du Conseil ont adopté une position sur la prise en charge infirmière de la vulnérabilité chez les personnes âgées. Cette position fonde ces avis sur une consultation en ligne du 21 avril au 20 mai à laquelle 534 infirmières et infirmiers ont répondu.

Une position de conseil issue de l’avis des infirmières et des infirmiers

Afin de porter la voix des infirmières et des infirmiers sur un sujet qui les concerne au premier plan, à savoir la prise en charge des personnes âgées dépendantes, l’Ordre national des infirmiers a mis en ligne un questionnaire du 21 avril au 20 mai 2011 sur son site Internet. La position du Conseil national reprend les avis des 534 infirmières et infirmiers ayant répondu et propose des pistes pour lutter contre la dépendance et améliorer sa prise en charge.

Les soins auprès des personnes âgées : encore peu valorisés

Le nombre de personnes de plus de 60 ans dépendantes ou en voie de perte d’autonomie est estimé à un million et demi. Ce nombre est appelé à être multiplié par 1,4 entre 2010 et 2030. Ces personnes ont besoin de soins curatifs et d’entretien de la vie pour leur assurer une qualité de vie correspondant à leurs souhaits et leurs possibilités. Les infirmiers ont une place centrale dans cette prise en charge que ce soit en hospitalisation (gériatrie, SSR, USLD, hôpital local), en hébergement médicalisé (EHPAD) ou au domicile (HAD, SSIAD, centre de soins à domicile, infirmiers libéraux).

Or, les pratiques professionnelles restent encore inégalement développées selon le contexte d’exercice et la pratique clinique (prévention, éducation thérapeutique, observance des traitements, suivi des situations chroniques, accompagnement, éducation de la famille et des aidants etc.). En outre, elles sont peu valorisées.

Les infirmiers doivent donc être soutenus pour promouvoir des pratiques nouvelles de qualité.

Les soins infirmiers : un élément essentiel

Dans le cadre de sa contribution à la santé publique et à la qualité des soins, l’Ordre reconfirme par cette position que l’objectif des soins infirmiers est d’aider les personnes dépendantes à bénéficier d’un état de santé, d’un bien-être et d’une qualité de vie optimaux. Les soins infirmiers sont reconnus comme l’élément le plus important des services requis pour soigner les personnes fragiles malades ou mourantes, et comme contribuant de plus en plus à la prévention des maladies et à la promotion de la santé.

L’Ordre propose :

· De valoriser la valeur ajoutée infirmière dans la prise en charge des personnes âgées dépendantes

Les infirmières et les infirmiers sont au plus près de ces personnes tant au niveau des soins, que de l’intégration sociale. Leurs valeurs ajoutées sont les suivantes :

► les soins curatifs adaptés à la spécificité du vieillissement. L’évaluation des besoins de santé prenant en compte cette spécificité ;

► le suivi thérapeutique et la surveillance de l’état de santé du patient, incluant la thérapie médicamenteuse et le dépistage des situations à risques pour la sécurité ou la qualité de vie ;

► la prévention des complications des maladies chroniques (hypertension, troubles sensoriels, de la marche, de l’équilibre…), la prévention des facteurs de risques ;

► la promotion de la santé par des comportements favorables (activité physique, nutrition) ;

► l’amélioration de l’environnement individuel ;

► l’organisation des différentes prestations en fonction des besoins de santé (avec articulation entre le médical et le médico-social).

· De reconnaître le rôle d’infirmier coordonnateur

95 % des répondants déclarent assurer la coordination des professionnels de santé autour de la personne âgée dépendante. Cette prise en charge nécessite un suivi constant de leur part. Elle reste à parfaire, à être mieux reconnue. En pratique, se sont les infirmiers qui assurent son accompagnement global, tant en ville, qu’en établissement. Des évolutions réglementaires seraient souhaitables pour reconnaître le rôle d’infirmier coordonateur.

Communiqué de presse Conseil national de l’ordre des infirmiers – tous droits réservés