Mauvaises nouvelles pour les statines



« Mauvaises nouvelles pour les statines » par le Docteur Erard de Hemricourt. Dans la lutte contre le cholestérol, de nombreux médecins et spécialistes ne jurent que par le mot ‘statine’ en affirmant que cette pilule miracle permet à elle seule, en réduisant le taux de cholestérol, d’empêcher ou du moins de limiter le nombre d’événements cardiovasculaires majeurs ou mineurs ainsi que la mortalité cardiovasculaire au cours des années à venir.

De très nombreux spécialistes administrent ces médicaments en prévention secondaire (après un accident cardiaque par exemple) et certains, sur base de certaines études anciennes vont même jusqu’à proposer les statines en prévention primaire (chez les individus en apparence sans maladie cardiovasculaire mais avec certains facteurs de risque précis).

Malheureusement, et sans rentrer dans la controverse du pour ou du contre de la prescription des statines, tout n’est pas si rose car de nombreux médicaments voire tous présentent certains effets secondaires. Et à cette règle, les statines sont loin d’y échapper.

C’est en effet ce qui a motivé la FDA (organisme de contrôle du médicament aux États-Unis) à émettre un bulletin d’alerte pour les médecins et à recommander d’éviter au maximum d’administrer l’une des statines les plus connues, la simvastatine (Zocor®) à haute dose soit 80 mg.

À cette dose, le risque d’effets secondaires essentiellement musculaires augmente de manière importante avec en aval un risque non négligeable de rhabdomyolyse et de souffrance rénale. De plus, à cette occasion, la FDA a rappelé aux médecins (et c’est valable également pour les patients qui se sentent concernés) le risque non négligeable d’interactions médicamenteuses et le besoin impérieux de limiter la prise de simvastatine à 10 mg en cas de prise simultanée avec d’autres médicaments comme l’érythromycine (antibiotique), l’itraconazole ou le kétoconazole (antimycotiques), l’amiodarone, le vérapamil (antiarrythmiques cardiaques).

On apprend par ailleurs que les statines sont loin d’avoir fait leurs preuves lorsqu’il est question de situation d’urgence cardiaque. En effet, l’administration immédiate de ce type de médicament après un épisode coronarien aigu ne montre aucun intérêt apparent dans la réduction soit de la mortalité soit des événements cardiovasculaires majeurs.

L’analyse qui vient d’être publiée dans la revue ‘The Cochrane Library’ montre clairement que sur base d’un panel de plus de 14 000 patients suivis au cours de 18 études randomisées, le taux d’accident cardiovasculaire, d’infarctus ou de mortalité n’a pas été modifié de manière significative au cours des premiers mois suivants un épisode coronarien aigu.

Ces études tendent à montrer que le bénéfice des statines reste très modeste et qu’il s’accumule au cours du temps. Outre l’action réductrice du cholestérol, de nombreux scientifiques pensent que l’action principale des statines ne se passe pas par la voie du cholestérol mais plutôt par une action anti-inflammatoire, stabilisatrice de la plaque d’athérome, action encore peu claire à l’heure actuelle.

Docteur Erard de Hemricourt pour News Santé ©2011 – Tous droits réservés