Percée dans le traitement du mélanome métastatique



« Percée dans le traitement du mélanome métastatique » par le Docteur Erard de Hemricourt. À l’occasion de la réunion annuelle de la Société de Cancérologie Clinique qui se tient actuellement à Chicago (ASCO), les scientifiques en ont profité pour révéler les résultats très encourageants de plusieurs études cliniques concernant le traitement du mélanome.

Le mélanome reste à ce jour une tumeur cutanée très agressive qui doit être prise à temps pour assurer une survie maximale. En effet, dès que les cellules tumorales ont commencé leur essaimage à distance, les chances de survie s’effondrent rapidement à moins de 5 %.

Le seul traitement, jusqu’à présent, reconnu dans la forme disséminée de ce cancer cutané était la dacarbazine qui est un agent chimiothérapique qui ne fonctionne malheureusement pas de façon optimale puisqu’un nombre très réduit de personnes va y répondre.

En 2002, des chercheurs anglais avaient découvert chez environ la moitié des patients atteints de mélanome la présence d’une mutation génétique spécifique entraînant la modification d’une protéine membranaire de type kinase appelée BRAF. Or cette protéine, lorsqu’elle se trouve mutée en mode d’activation constante, joue un rôle important, en amont dans la cascade conduisant au développement et à l’essaimage des cellules cancéreuses cutanées.

Sur base de cette découverte, des scientifiques de par le monde avaient essayé de développer plusieurs approches thérapeutiques dites ciblées dans le but de bloquer cette activation de la protéine BRAF.

C’est chose faire puisqu’une équipe médicale du Memorial Sloan-Kettering Cancer Center de New York vient de montrer les premiers résultats, au demeurant très encourageants, d’un nouveau médicament appelé ‘vemurafenib’ qui semble être actif dans environ 50 % des patients présentant la mutation BRAF (5 % pour la dacarbazine qui reste le traitement conventionnel).

Non seulement ce médicament a permis de ralentir la progression tumorale et de diminuer la charge tumorale mais permet d’augmenter la survie à 6 mois par rapport à la dacarbazine.

D’un autre côté, un autre groupe scientifique, sous l’égide du Professeur Caroline Robert du service de dermatologie à l’Institut Gustave Roussy à Villejuif, a testé une autre approche de stimulation du système immunitaire au moyen d’un nouveau médicament, l’Ipilimumab.

Ce médicament est un nouveau type d’anticorps monoclonal qui agit à la surface de certains lymphocytes afin d’en activer la réponse face à certaines protéines tumorales. Les premiers résultats de ce médicament, en association avec la dacarbazine, montre un gain léger mais notable de survie à un an (47 % de survie contre 36 % pour le groupe témoin) et à trois ans (20,8 % contre 12,2 % pour le groupe testé).

Ces résultats offrent pour la première fois un réel espoir pour les patients concernés et, même si ces nouveaux médicaments ne semblent pas agir chez tous les patients atteints de mélanome, il n’en reste pas moins qu’une première étape vient d’être franchie et que l’avenir reste grand ouvert avec de nouvelles molécules et de nouvelles associations de médicaments.

Docteur Erard de Hemricourt pour News Santé ©2011 – Tous droits réservés
Crédit photo: ©National Cancer Institute – Image domaine public