Pour connaître son risque cardiovasculaire futur : il suffit de courir !



« Pour connaître son risque cardiovasculaire futur : il suffit de courir ! » par le Docteur Erard de Hemricourt. De nombreux tests médicaux et examens d’imagerie existent actuellement pour quantifier le risque cardiovasculaire (CV) que ce soit en prévention primaire (sans aucuns antécédents connus) ou secondaire (le patient ayant déjà une atteinte connue sur le plan CV).

Mais pour ce faire, il faut passer par des méthodes assez complexes et lourdes comme l’épreuve ergométrique ou la scintigraphie de perfusion myocardique.

Des médecins du centre médical du Texas (UT Southwestern MC) viennent de publier deux études dans la revue ‘Journal of the American College of Cardiology’ et la revue ‘Circulation’ montrant qu’un simple test de fitness peut à lui seul déjà révéler quels sont les individus qui, au cours de leur vie, présenteront un risque accru de développer un infarctus ou une thrombose cérébrale.

En étudiant la capacité physique des individus d’âge mûr, il est possible, d’après les résultats des deux études, non seulement d’anticiper les risques sur le plan médical, mais en outre d’offrir un outil apparemment plus précis que le bilan biologique classique ou la prise de la tension artérielle.

Dans la première étude, les chercheurs ont suivi un ensemble de plus de 11 000 hommes pendant une période médiane de 25 ans. Il était demandé à chaque participant de courir le plus vite possible la distance d’un mile (1,6 km). Les résultats ont ensuite été confrontés aux chiffres de mortalité globale et de mortalité CV enregistrés au cours des 25 années de l’étude. Petite information qui a toute son importance : les facteurs de risque classiques avaient également été pris en compte (surpoids, tabagisme,…).

Il ressort de l’étude que les individus d’âge mûr (soit 45 ans, soit 55 ans soit 65 ans au moment de l’inclusion dans l’étude) qui parvenaient à courir la distance du mile en 8 minutes (ce qui correspond environ à une vitesse de 12,7 km/h) avaient un risque évalué à 10 % de présenter une maladie cardiovasculaire au cours du reste de leur vie. Par contre, ceux qui y arrivaient péniblement au bout de 15 minutes (vitesse de 7 km/h) présentaient un risque triplé, de 30 % face aux maladies CV.

Ainsi, on peut dire que, globalement, le risque d’une maladie CV est nettement influencé par la condition physique de l’individu même si on y inclut les autres facteurs de risque. Et, au plus l’individu est jeune (45 ans par exemple), au plus la réduction du risque devient importante.

Dans la seconde étude, les chercheurs du même hôpital ont suivi environ 66 000 participants, âgés de 20 à 90 ans, sans maladie cardiovasculaire préalable, hommes et femmes (à l’inverse de la première étude ci-dessus où seuls les hommes étaient comptabilisés). Chaque individu a été suivi jusqu’au moment de son décès ou de la clôture de l’étude qui a duré 36 ans.

Les médecins se sont rendu compte qu’en incorporant l’aptitude physique dans l’algorithme décisionnel classique, ils arrivaient à classer de manière beaucoup plus précise les patients en fonction du risque à court terme (10 ans) ou long terme (25 ans). Et plus précisément, cette étude a montré qu’un faible niveau d’entraînement physique chez la femme de plus de 50 ans permettait d’identifier le groupe de femmes à haut risque CV à long terme.

Que faut-il en tirer de tout cela ? Tout simplement : n’attendez pas pour faire du sport, plus tôt vous commencerez, plus importants seront les bénéfices escomptés!

Docteur Erard de Hemricourt pour News Santé ©2011 – Tous droits réservés