Manque de soleil et mononucléose infectieuse à l’origine de la sclérose en plaques ?



« Manque de soleil et mononucléose infectieuse à l’origine de la sclérose en plaques ? » par le Docteur Erard de Hemricourt. Il y a de cela plusieurs années, de nombreux spécialistes, analysant les données statistiques relatives à la sclérose en plaques, s’aperçurent que cette maladie neurologique d’origine auto-immune présentait une distribution géographique assez originale.

En effet, lorsque l’on s’attarde sur l’incidence de cette affection, force est de constater qu’elle survient plus fréquemment dans les latitudes septentrionales (au nord) que méridionales (au sud). Et en effet, la population semble plus affectée sur le nord de l’Europe qu’autour du bassin méditerranéen sans parler des régions plus équatoriales.

De nombreuses théories ont été échafaudées au cours des dernières années pour tenter d’apporter une explication et, celle qui remporte à l’heure actuelle le plus d’adhésion auprès des experts est la notion de sous-exposition solaire et de carence en vitamine D. Et il semble que ce seul facteur environnemental ne soit pas suffisant à lui seul car les spécialistes se sont également rendu compte que de nombreux malades atteints de sclérose en plaques avaient également présenté au cours de leur jeunesse une mononucléose infectieuse.

La mononucléose infectieuse étant une affection relativement banale des jeunes adultes provoquée par le virus Epstein-Barr (E-B).

Récemment, une étude de suivi de grande ampleur a été publiée dans la revue de neurologie américaine (Relationship of UV exposure to prevalence of multiple sclerosis in England. Ramagopalan et al. Neurology. April 19, 2011. 1410-1414). Dans cette étude, des chercheurs britanniques ont analysé rétrospectivement toutes les admissions médicales enregistrées sur une période de sept ans. Ils y ont repris tous les cas de sclérose en plaques et également toutes les admissions pour mononucléose infectieuse. Ils ont également récupéré les données provenant de la NASA relatives à l’exposition solaire sur le territoire britannique.

Sur base des informations récoltées au cours de cette période, les chercheurs se sont aperçus que les individus qui présentaient une sous-exposition au rayonnement solaire associée à des antécédents de mononucléose infectieuse présentaient un risque nettement plus important de développer par la suite une sclérose en plaques.

Plus précisément, la combinaison du facteur environnemental solaire à la présence du virus E-B dans les antécédents médicaux suffirait d’après les résultats de l’étude à expliquer 72 % des cas de divergence dans la distribution de la maladie neurologique sur le territoire britannique. L’exposition solaire seule expliquerait quant à elle près de 61 % des cas de divergence de distribution géographique.

Il semble, d’après le Dr Ebers membre de l’Académie américaine de Neurologie, possible que la carence en vitamine D puisse conduire à une réponse anormale face au virus E-B.

Mais quoi qu’il en soit, malgré les avancées importantes dans la compréhension de la sclérose en plaques, l’origine exacte de cette maladie neurologique reste encore un mystère puisque la plupart des individus ayant présenté une mononucléose infectieuse restent à l’abri de la sclérose en plaques. En outre, d’anciennes études réalisées auprès de malades souffrant de SEP n’avaient pas pu montrer de trace du virus E-B dans leur liquide céphalorachidien.

Docteur Erard de Hemricourt pour News Santé ©2011 – Tous droits réservés

Crédit photo: Charles Collier – Flickr.com

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