Le paracétamol : pas si anodin que cela !



« Le paracétamol : pas si anodin que cela ! » par le Docteur Erard de Hemricourt. Selon une étude qui sera publiée le mois prochain dans la revue américaine de médecine préventive (Emergency department visits for overdoses of acetaminophen-contaning products. Budnitz et al. Am J Prev Med. 40(6), 2011), la consommation en excès de paracétamol conduirait chaque année environ 78 000 Américains directement dans les services d’urgence.

De plus, selon les auteurs de l’étude, la majorité des cas de surdosage serait intentionnelle et correspondrait à une volonté d’automutilation (70 %). Le reste des cas (30 %) concernerait des enfants ayant accès directement à ce produit (14 %) et des adolescents ou adultes faisant soit un mauvais usage du médicament dans le but d’obtenir rapidement un effet antalgique puissant soit des erreurs d’associations de plusieurs médicaments en particulier des substances opioïdes (16 %).

Les jeunes individus entre 15 et 24 ans sont le plus à risque de tentatives de suicide ou d’automutilation par surdosage en paracétamol.

L’overdose du paracétamol rencontrée chez les individus qui imaginent qu’une dose plus importante de médicament est liée à une meilleure efficacité est le signe flagrant d’une méconnaissance importante face à des molécules classiquement rencontrées dans la pharmacie familiale, dixit le Dr Henry Spiller, directeur du centre antipoison du Kentucky Regional Poison Center. D’où un besoin accru en éducation de la population vis-à-vis de cette problématique.

Toujours selon le Dr Spiller, cette situation n’est pas si rare et s’observe fréquemment en cas de douleurs abdominales ou de la sphère bucco-dentaire. Le risque du surdosage en paracétamol est surtout de voir survenir une faillite du système hépatique soit immédiatement après le surdosage soit plusieurs jours voire plusieurs semaines après.

Le paracétamol est une molécule qui, lorsqu’elle est utilisée de manière correcte, reste très efficace et sans danger. Mais du fait de la frontière étroite entre la dose thérapeutique et la dose toxique, il n’est pas rare de voir des complications survenir chez certains patients, surtout chez ceux ayant déjà plusieurs facteurs de risque tels qu’une atteinte du tissu hépatique.

La dose toxique de paracétamol varie en fonction de l’âge de l’individu, de son poids et de sa fonction hépatique mais en général, une dose de 10 à 15 grammes peut déjà être suffisante pour provoquer une nécrose hépatique selon le Dr Budnitz.

Docteur Erard de Hemricourt pour News Santé ©2011 – Tous droits réservés

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