Hépatite C : vers une nouvelle classe d’antiviraux



Une collaboration internationale conduite par Thomas Baumert (Unité Inserm 748 « Interactions virus-hôte et maladies hépatiques », Université de Strasbourg) aboutit à identifier deux nouveaux facteurs qui jouent un rôle important dans l’entrée du virus de l’hépatite C (VHC) dans les cellules du foie. En montrant qu’il est possible d’inhiber in vitro et chez un modèle animal ces facteurs qui expriment une enzyme spécifique, les chercheurs ouvrent la voie à la possibilité d’une nouvelle classe de médicaments. Ces travaux, financés par l’Agence nationale de recherches sur le sida et les hépatites virales (ANRS), l’Union Européenne, l’Agence nationale de la recherche (ANR) et l’INCa sont publiés online sur le site de la revue Nature Medicine du 24 avril 2011.

Il faut savoir que l’infection par le virus de l’hépatite, cause majeure d’hépatite chronique , touche plus de 170 millions de personnes à travers le monde. Souvent détectée trop tardivement (parfois plusieurs années après la transmission), l’infection évolue silencieusement vers la cirrhose ou le cancer du foie.

En réalisant un criblage de certaines cellules du foie dans le but de mieux connaître le rôle de ces enzymes dans l’infection par le VHC, ils ont découvert que deux d’entre-elles, les kinases EGFR et EphA2, jouaient un rôle particulièrement important dans les premières étapes de l’infection car facilitant l’assemblage des récepteurs du virus.

Puis les chercheurs ont inhibé l’une des deux kinases, l’EGFR, en utilisant un produit déjà utilisé dans le traitement du cancer du poumon, l’erlotinib, ainsi que des anticorps spécifiques : erlotinib et anticorps se révèlent capables de limiter l’entrée du VHC dans les hépatocytes in vitro. Mieux : les chercheurs ont testé dans un modèle de souris l’efficacité de l’erlotinib et ont pu retarder et réduire l’infection par le VHC chez les animaux.

Des résultats qui permettent d’élucider la première étape clé du cycle viral du VHC, à savoir l’entrée virale. Cette découverte permet également de mieux comprendre les interactions entre le virus et les cellules du foie et ouvre la voie à de nouvelles stratégies antivirales ciblées sur les kinases.

Les chercheurs envisagent d’ailleurs la mise en place d’une étude clinique pilote pour évaluer l’efficacité de l’erlotinib chez des patients infectés par le VHC. L’objectif est de disposer d’une nouvelle classe d’antiviraux.

Crédit/Source : Communiqué Inserm