L’alcool, définitivement un facteur de risque du cancer



« L’alcool, définitivement un facteur de risque du cancer » par le docteur Erard de Hemricourt. Boire trop d’alcool n’est pas bon pour la santé, que ce soit à court terme, à moyen terme ou à long terme avec le risque de pathologies chroniques et de cancers (essentiellement de la sphère digestive) que cela entraîne.

Une équipe allemande de l’Institut de nutrition humaine de Potsdam-Rehbruecke menée par le Dr Madlen Schütze a analysé les données de plus de 350 000 personnes dans 8 pays européens pour arriver à la conclusion que près de 10 % (9,6) de tous les cancers chez l’homme et 3 % des cancers chez la femme étaient liés directement à la consommation d’alcool.

Les scientifiques allemands ont repris les données de 364 000 individus enregistrés dans l’étude prospective EPIC (European Prospective Investigation into Cancer) et les ont adaptés aux chiffres officiels de consommation d’alcool compilés par l’OMS.

Cette analyse, publiée dans le numéro d’avril du journal British Medical Journal (« Alcohol attributable burden of incidence of cancer in eight European countries based on results from prospective cohort study. » Madlen Schütze et al. BMJ 2011; 342:d1584 DOI: 10.1136/bmj.d1584) montre clairement que, dès qu’on dépasse la quantité quotidienne recommandée par les instances officielles de deux verres d’alcool pour l’homme et d’un verre d’alcool pour la femme, le risque à long terme de cancers commence à apparaître.

Selon le Dr Schütze : « nos données indiquent que de nombreux cas de cancers auraient pu être évités si les individus avaient limité leur consommation d’alcool. Et encore plus de cancers seraient évités si les personnes réduisaient leur consommation en deçà des recommandations officielles ».

Les résultats de l’étude montrent qu’en 2008, la consommation ancienne ou actuelle d’alcool avait provoqué chez la femme 21 500 cancers et que dans plus de 80 % des cas, cette consommation dépassait deux verres de bière, de vin ou de spiritueux par jour. Les cancers rencontrés chez la femme concernaient essentiellement le tractus digestif supérieur, le foie, le territoire colorectal et le sein.

Chez l’homme, à la même époque, 57 600 cas de cancers étaient observés en liaison directe avec la consommation d’alcool et ces cancers touchaient essentiellement le tractus digestif supérieur, le système colorectal et le foie. Dans environ la moitié des cas, la consommation dépassait deux verres par jour.

D’après le Dr Naomi Allen de l’Université d’Oxford en Grande Bretagne : « cette étude montre clairement que le risque commence à apparaître pour des quantités d’alcool souvent considérées comme modérées. Les résultats de cette étude font référence aux habitudes de boisson datant d’il y a dix ans. Or, actuellement, les gens boivent de plus en plus et cela pourrait très certainement déboucher sur un nombre plus important de cancers dans le futur ».

Il est donc très important pour tout un chacun de bien garder en tête qu’une consommation modérée à importante, régulière et chronique, n’est pas sans risque pour la santé à long terme.

Docteur Erard de Hemricourt pour News Santé ©2011 – Tous droits réservés

Crédit photo : Inpes, campagne « Boire un peu trop tous les jours, c’est mettre sa vie en danger »