Prévention du cancer du sein : plusieurs pistes à l’étude



« Prévention du cancer du sein : plusieurs pistes à l’étude » par le Docteur Erard de Hemricourt. D’après une analyse publiée cette semaine dans la revue Lancet Oncology (Preventive therapy for breast cancer: a consensus statement, Jack Cuzick et al. The Lancet Oncology, doi:10.1016/S1470-2045(11)70030-4), il existe un besoin réel en médecine de pouvoir prévenir l’apparition du cancer du sein chez les femmes à risque.

Selon le Prof Cuzick de l’Hôpital Queen Mary de l’Université de Londres, par rapport au risque moyen (qui reste quand même de 12 % au cours de la vie d’une femme), environ 4 % des femmes présenteraient un risque nettement plus élevé de développer une tumeur du sein au cours des dix prochaines années. C’est justement cette population à risque qui mériterait, d’après ce médecin, de bénéficier d’une prise en charge préventive.

Plusieurs études réalisées dans le passé (dont l’étude IBIS-1) montraient une certaine efficacité du tamoxifène dans environ 30 % des cas des femmes ayant un sur-risque tumoral. Malheureusement, le nombre de cancers du sein évités doit cependant être tempéré face à l’importance des effets secondaires liés à l’usage du tamoxifène qui concerne essentiellement la survenue de pathologies thromboemboliques et le risque de cancer de l’endomètre.

Le problème est ici double. Tout d’abord, comme le signale le Prof Cuzick, actuellement, nous n’avons pas tous les outils pour déterminer avec précision quelles sont les femmes qui sont réellement en sur-risque tumoral.

À part la densité du parenchyme mammaire observée à la mammographie, qui reste pour l’instant l’indicateur le plus important du risque de cancer du sein, nos éléments décisionnels restent assez faibles.

D’autre part, il serait intéressant de pouvoir mieux cibler cette population de femmes en sachant d’emblée qui présentera ou non une réponse au tamoxifène puisque ce médicament ne fonctionne que dans 30 % des cas en prévention primaire. Cela signifie donc qu’environ deux tiers des femmes devront prendre ce médicament sans espérer une quelconque efficacité mais tout en devant supporter les effets secondaires parfois importants.

Des études sont actuellement en cours pour tester d’autres médicaments comme les inhibiteurs de l’aromatase (étude IBIS-II), certains anti-inflammatoires ou des bisphophonates.

Cela va sans dire, les résultats de ces études sont attendus avec grande impatience.

Docteur Erard de Hemricourt pour News Santé ©2011 – Tous droits réservés