Embolie pulmonaire et vols long-courriers : pas de quoi s’inquiéter !



« Embolie pulmonaire et vols long-courriers : pas de quoi s’inquiéter ! » par le Docteur Erard de Hemricourt. À notre époque, nous voyageons de plus en plus souvent en avion et souvent vers des destinations lointaines. Cela implique des durées de vol parfois très longues où, la plupart des passagers restent assis, immobilisés dans leur fauteuil exigu.

Et chez certains individus, cette immobilisation forcée prolongée en plein vol correspond à un facteur de risque bien établi vis-à-vis de certaines pathologies thromboemboliques telles que la thrombose veineuse profonde ou l’embolie pulmonaire. Par ailleurs, la survenue d’une embolie pulmonaire dans de telles circonstances porte à juste titre le nom de ‘syndrome de la classe économique’.

À cette époque de l’année où les gens planifient leurs vacances (de Pâques ou d’été), il était intéressant de redéfinir l’importance – ou non – de cette pathologie en tenant compte du nombre de passagers et des risques associés. Il nous faut tout d’abord définir ce qu’est une embolie pulmonaire : il s’agit tout simplement de la migration au sein de l’arbre vasculaire pulmonaire d’un caillot sanguin au départ, en général, du système veineux situé dans les membres inférieurs.

Est ce fréquent ? Il semble que non puisque plusieurs études indiquent un faible pourcentage de cas. Ainsi, si l’on reprend une étude espagnole datant de 2003 basée sur un panel de plus de 30 millions de passagers ayant transité à l’aéroport de Madrid de 1995 à 2000 (Incidence of air travel-related pulmonary embolism at the Madrid-Barajas airport. Arch Intern Med. 2003 ; 163 :2766-2770), les médecins avaient comptabilisé un total de 16 embolies pulmonaires soit une incidence de moins de 0,5 pour 1 million de voyageurs.

Cependant, cette incidence augmentait sensiblement en fonction de la durée du vol (au-delà de 8 heures). Par ailleurs, il semble que dans de nombreux cas, les manifestations cliniques de l’embolie pulmonaire à savoir un essoufflement, un malaise avec vertiges pouvant aller jusqu’à la perte de connaissance restent assez frustes et n’orientent pas le diagnostic rapidement vers la pathologie embolique.

D’autre part, cette pathologie, lorsqu’elle survient, peut prendre plusieurs jours à se manifester cliniquement et le patient n’aura donc aucun symptôme spécifique durant le vol ou juste après.

Il est important également de garder en tête que cette complication embolique est souvent favorisée par d’autres pathologies (appelées comorbidités) : ainsi, les individus souffrant de diabète, d’hypertension artérielle ou d’autres maladies cardio-vasculaires, sont plus à risque par rapport à une population saine.

Que faire pour éviter cela : tout simple ! Il suffit de bouger. Ne pas rester longtemps sur son siège, remuer les jambes, se lever et marcher dans les allées. Activer, en un mot, la circulation sanguine ! Éviter également ce qui pourrait favoriser la coagulation du sang comme le tabac (juste avant d’embarquer) ou la prise d’alcool qui présente une action diurétique et donc d’hémoconcentration.

Tout bête, mais il faut y penser …

Docteur Erard de Hemricourt pour News Santé ©2011 – Tous droits réservés

Crédit photo : Virghu – Flickr.com