Traitement hormonal de la ménopause et cancer du sein : question de timing



« Traitement hormonal de la ménopause et cancer du sein : question de timing » par le Docteur Erard de Hemricourt. Selon une étude anglaise publiée dans le Journal of the National Cancer Institute (Breast Cancer Risk in Relation to the Interval Between Menopause and Starting Hormone Therapy. Beral V. et al. JNCI J Natl Cancer Inst (2011) doi: 10.1093/jnci/djr048), les femmes débutant un traitement hormonal de substitution au moment de leur ménopause ou juste après, présentent un risque accru de développer un cancer du sein par rapport aux femmes qui décideraient d’opter pour un tel traitement beaucoup plus tard après leur ménopause.

On connaissait déjà l’association entre le traitement hormonal substitutif et le risque de cancer du sein depuis la publication de la fameuse étude américaine WHI qui fit grand bruit en 2002. Cependant, l’étude actuelle permet de mieux appréhender ce risque.

Les auteurs de l’étude ont suivi une cohorte de plus d’un million de femmes britanniques qui avaient été enrôlées au sein de l’étude ‘Million Women Study’. Il ressort de l’analyse des données que les femmes qui avaient entamé leur traitement hormonal plusieurs années après le début de leur ménopause (en moyenne 5 ans après) ne présentaient qu’un faible risque voire aucun risque supplémentaire de développer un cancer du sein. Et cela quel que soit le type d’hormones administrées – œstrogènes simples ou associations œstro-progestérones.

De même, la durée du traitement hormonal de substitution ainsi que le poids des patientes n’avaient aucune influence sur l’augmentation du risque de cancer au sein du groupe de femmes qui avaient débuté tardivement leur prise hormonale. Par contre, selon le Dr Beral, l’un des médecins ayant participé à l’étude anglaise, les femmes qui avaient commencé leur traitement hormonal au moment de leur ménopause ou juste après présentaient en moyenne un risque accru de développer par la suite un cancer du sein.

D’après le Dr Rowan Chlebowski du Los Angeles BioMedical Research Institute, ces résultats viennent renforcer ceux provenant d’une autre vaste étude de suivi, celle-ci américaine – la Women’s Health Initiative – qui avait permis de montrer une augmentation du risque du cancer du sein de 41 % au sein du groupe de femmes qui étaient sous traitement hormonal au moment de leur ménopause.

Mais, il y a une bonne nouvelle d’après le Dr Beral : dès le moment de l’arrêt de la prise hormonale, le risque de cancer du sein diminue graduellement pour disparaître au bout de quelques années.

Docteur Erard de Hemricourt pour News Santé ©2011 – Tous droits réservés