La pédiatrie de ville en danger



C’est aujourd’hui à 14h30 que l’Association Française de Pédiatrie ambulatoire remettra au Ministre de la Santé une pétition de 125 000 signatures pour sauver la pédiatrie de ville.

Avec 2 enfants en moyenne par femme, la France connaît le plus fort taux de natalité en Europe mais paradoxalement elle fait partie des pays qui comptent le moins de pédiatres : 1 pour 6 000 enfants !

Pourtant, le pédiatre de ville a un rôle moteur en matière de soins, de prévention, de dépistage et de suivi du développement de l’enfant et  de l’adolescent.

Si l’Association Française de Pédiatrie Ambulatoire (AFPA) se félicite de l’augmentation du numerus clausus de sa spécialisation de 253 à 281 en 2014, cela reste insuffisant pour pourvoir les postes vacants et remplacer les futurs départs à la retraite.

Aujourd’hui une délégation de pédiatres de l’AFPA, accompagnés d’un groupe d’enfants se rendra au Ministère de la Santé pour remettre une pétition signée par plus de 125 000 Français.

Cette mobilisation forte des pédiatres est soutenue par Romane Bohringer et Matthieu Chedid qui, comme bon nombre de citoyens, considèrent que tous les enfants devraient pouvoir être suivi par un pédiatre.

Une situation alarmante… 3 145 en 1995, 2 911 en 2000, 2 700 en 2008, le nombre de pédiatres de ville ne cesse de diminuer. Et si rien ne change, cette spécialisation disparaîtra dans les 10 ans à venir. Aujourd’hui déjà, nombre de maternités, de villes, de départements sont sans pédiatre.

En 2010, le gouvernement a enfin pris la décision d’augmenter le nombre d’internes en médecine à former à la spécialisation en pédiatrie. Il prévoit de faire évoluer le numerus clausus de 253 en 2009-2010 à 281 en 2014- 20151 . Or 600 places seraient nécessaires pour pallier les nombreux départs en retraite dans la profession (l’âge moyen des pédiatres s’élevant à 54,5 ans en 2008) et permettre ainsi le maintien de cette spécialité…

Un rôle majeur pour la santé des enfants et des adolescents. L’enfant n’est pas un adulte en miniature, son suivi de la naissance à l’adolescence, nécessite des compétences spécifiques que le pédiatre acquiert par son cursus universitaire (4 années de spécialisation dédiées) puis, tout au long de sa carrière professionnelle, par les formations continues obligatoires et qui s’appuie sur l’exercice exclusif de cette spécialité.

Ces spécialistes dépistent les troubles du développement des nouveau-nés, des nourrissons, des enfants et des adolescents, soignent les maladies aigues et chroniques de l’enfant, les nouvelles pathologies telles que l’hyperactivité, les troubles des apprentissages scolaires, l’obésité, les troubles psychoaffectifs, les maladies allergiques… tout en étant sensibles aux nouvelles vulnérabilités que sont, les inégalités sociales, les familles séparées ou encore les problèmes liés à l’adolescence…

Romane Bohringer et Matthieu Chedid se mobilisent pour la pédiatrie de ville. Face à cette situation alarmante, l’AFPA a tenté d’alerter le gouvernement par diverses actions restées sans suite. En 2009, elle a lancé une pétition nationale pour réagir à l’indifférence des pouvoirs publics.

Romane Bohringer et Matthieu Chedid, tous deux parents, ont choisi de s’associer à cette mobilisation pour soutenir la pédiatrie de ville, spécialité à laquelle tous les enfants devraient avoir droit en France.

Crédit photo : © Philippe Couette – Association Français de Pédiatrie Ambulatoire