Activité physique : clé de voûte de la survie après un cancer de la prostate



« Activité physique : clé de voûte de la survie après un cancer de la prostate » par le Docteur Erard de Hemricourt. Après avoir longuement débattu des effets positifs de l’activité physique sur l’état général et la survie des patients atteints d’un cancer du sein ou du colon, voici une nouvelle étude qui enfonce le clou en soulignant l’intérêt d’une activité sportive soutenue chez les patients traités pour une tumeur de la prostate.

Après avoir suivi pendant 18 ans plus de 50 000 médecins de sexe masculin, les chercheurs de l’équipe du Dr Stacey Kenfield ont comptabilisé un total de 2 705 cas de cancers de la prostate. Sur l’ensemble de ces cas, 548 décès avaient été relevés dont 112 dûs directement à l’évolution péjorative du cancer prostatique).

Tout au long des années de suivi, un questionnaire avait été proposé aux patients concernant leurs habitudes sur le plan sportif. Selon les résultats de l’étude publiée cette semaine dans le Journal of Clinical Oncology, l’équipe du Dr Stacey Kenfield a pu constater que, plus les patients pratiquaient une activité physique régulière et soutenue, plus leur survie globale s’en sortait augmentée.

Les critères de sélection retenus au cours du suivi étaient la pratique d’une activité physique faible, modérée (90 minutes par semaine) ou importante (3 heures d’activité hebdomadaire vigoureuse comprenant du vélo, de la marche, du jogging, de la natation ou même du jardinage).

Les résultats ont clairement montré qu’une activité physique modérée ou importante était liée à une amélioration globale de la survie des patients traités pour un cancer de la prostate. Comparés aux patients qui rapportaient une activité physique faible de moins de 90 minutes par semaine, ceux qui marchaient par exemple plus de 90 minutes chaque semaine présentaient un risque diminué de 46 % de mourir (toute cause confondue).

Seule la pratique d’une activité physique importante, vigoureuse était associée à une réduction significative de la mortalité due au cancer de la prostate. Les hommes appartenant à cette catégorie avaient une réduction de mortalité de 61 % par rapport au groupe d’individus signalant une activité de moins de 90 minutes par semaine.

Selon Kenfield : « nos résultats confirment l’obtention de bénéfices nets pour des niveaux d’activité facilement atteignables par l’ensemble des hommes » et de suggérer « l’ensemble de la population concernée devrait pratiquer un minimum d’exercices physiques régulièrement, même si ce n’est que 15 minutes par jour ». Toujours selon ce scientifique : « c’est une excellente nouvelle pour les patients traités pour un cancer de la prostate et qui se posent la question de ce qu’ils doivent faire pour améliorer leur survie globale ».

Docteur Erard de Hemricourt pour News Santé ©2011 – Tous droits réservés

Illustration : affiche 6eme Journée de la Prostate organisée par l’Association Française d’Urologie ©Tous droits réservés