« Contre les drogues, chacun peut agir »



L’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes), la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT) et le Ministère du Travail, de l’Emploi et de la Santé lancent le 13 décembre la campagne « Contre les drogues, chacun peut agir ». L’objectif de cette campagne est de mettre en avant le rôle primordial des parents et de l’entourage dans la prévention de l’usage de drogues chez les adolescents.

Cette campagne constitue le 3ème volet de communication du plan gouvernemental de lutte contre les drogues et les toxicomanies 2008-2011

La première campagne, intitulée « Drogues : ne fermons pas les yeux », diffusée en septembre 2009 rappelait la dangerosité de leur usage. Le spot TV avait pour objectif de montrer qu’en dépit d’une relative banalisation de leur image, les drogues restaient des produits dangereux. Ce spot mettait en regard des situations nourrissant l’imagerie populaire des drogues (scènes de convivialité, unes de magazines, images télévisées, etc.) avec des scènes illustrant les risques, afin de les rendre plus concrets (accidents, précarité, parents désemparés, etc.).

Le deuxième volet mené par la MILDT en novembre 2009, « La drogue si c’est illégal, ce n’est pas par hasard», revenait sur le cadre légal en matière de drogues et de vente d’alcool au mineur. Trois spots TV ont été diffusés. Il s’agissait de lutter contre l’idée reçue selon laquelle consommer de la drogue est une affaire personnelle en montrant qu’au-delà des dégâts sanitaires qu’elle peut causer, cette consommation n’est pas exempte de conséquences sociales ni pour soi, ni pour les autres.

Parents et adultes, acteurs de prévention de l’usage de drogues auprès des adolescents

Plusieurs facteurs (de risque ou de protection) peuvent intervenir dans la consommation de substances psycho actives à l’adolescence (cannabis, cocaïne, ecstasy, etc.). Parmi ces facteurs, nombreux sont ceux qui peuvent relever de la sphère familiale (interaction parents – enfants, communication intrafamiliale, etc.)

Lors des Assises de la parentalité et de la prévention, organisées par la MILDT en mai 2010, les experts (épidémiologistes, psychiatres, pédagogues, philosophes, juristes, etc.) ont confirmé la nécessité de conforter les parents et l’entourage dans leur rôle en matière de prévention des conduites à risque des adolescents. C’est précisément l’axe suivi par la campagne de communication présentée ci-dessous.

La campagne : « Contre les drogues, chacun peut agir »

Diffusée du 13 décembre 2010 au 3 janvier 2011, cette campagne a pour objectif d’amener les parents et l’entourage à s’interroger sur le rôle qu’ils peuvent jouer dans la prévention de consommation de drogue chez leurs enfants et de les informer des actions à mettre en oeuvre. Il s’agit de les conforter dans leur capacité à intervenir et de leur proposer un soutien en leur indiquant où trouver de l’aide.

A cet effet, trois spots différents mais complémentaires sont diffusés. Le premier met en scène Brigitte, la mère de Marion, une jeune fille qui consomme du cannabis, s’isole de plus en plus et rate ses examens ; mais Brigitte va réagir en demandant de l’aide à drogues info service, en appelant le 0 800 23 13 13.

Le second spot présente Michael, un adolescent qui prend de la cocaïne, ses parents s’en doutent et son frère le sait, sa petite amie trouve cela rock and roll… Michael est un adolescent bien entouré, tout le monde sait qu’il consomme de la drogue, mais personne ne lui en parle.

Enfin, le troisième montre Nelson, un jeune homme qui a refusé de prendre l’ecstasy que lui a proposée son ami. Nelson a dit non, en se rappelant que son entraîneur lui avait conseillé de ne jamais commencer. Ces spots visent à inciter les parents, et plus généralement les adultes et l’entourage, à échanger et à dialoguer avec les adolescents sur le thème des drogues. Ils renvoient tous vers le site drogues-info-service.fr et la ligne correspondante 0 800 23 13 13, sur lesquels chacun peut trouver de l’aide et des informations complémentaires.

Outre les spots TV, trois annonces presse seront visibles du 15 décembre 2010 au 3 janvier 2011, dans la presse féminine, TV et d’actualité. Elles retracent l’histoire des trois protagonistes des spots télévisés.

Pour compléter, la brochure « Cannabis, les risques expliqués aux parents » actualisée, est diffusée à plus de 100 000 exemplaires dans des structures dédiées aux jeunes ou aux professionnels amenés à être en contact avec eux.

LE RÔLE DES PARENTS DANS LA PREVENTION DE L’USAGE DE DROGUES

Le rôle primordial de la famille, à la fois en amont de la consommation de substances et dans la façon de protéger les enfants des risques et de les responsabiliser, est désormais prouvé.

Une revue de littérature menée en 2005, concernant le rôle de la famille face à l’usage et au mésusage de substances psychoactives par les adolescents, montre la nécessité de considérer le renforcement des capacités parentales comme un enjeu important dans la prévention de la consommation de drogues auprès des jeunes.

L’IMPORTANCE DU RÔLE DE LA FAMILLE DANS LA PRÉVENTION DE L’USAGE OU DU MÉSUSAGE DE SUBSTANCES PSYCHOACTIVES

Les relations familiales au regard de la structure familiale : la qualité des relations à l’intérieur de la famille a une infl uence plus importante sur les comportements relatifs à l’usage de substances psychoactives que la structure de la famille (monoparentalité, taille de la famille, rang de naissance…).

La cohésion familiale : la proximité de la relation parent-enfant semble être un frein à l’usage de substances, directement ou par son impact dans le choix d’amis plutôt moins consommateurs.

La communication familiale : quand le niveau et la qualité de la communication sont bons à l’intérieur de la famille, il en est de même à propos du dialogue sur les drogues.

Une étude anglaise a montré que 50 % des jeunes en école secondaire aimeraient que leurs parents soient leur principale source d’information sur les drogues1. Cependant, il semble que le manque de communication soit en partie dû au fait que les parents n’ont pas confiance en leur niveau de connaissance. L’information du public reste donc une donnée essentielle pour fournir de la ressource et donner confiance aux familles.
Alors que les enfants souhaiteraient que leurs parents entament la discussion à propos des drogues, les adultes manquent totalement de confiance pour aborder ce sujet, aussi bien à propos de leurs connaissances que de leur faculté à communiquer.

Ce manque de compétences en communication apparaît en outre plus marqué chez les pères. Deux études menées aux Etats-Unis et en Australie ont également montré que le fait de communiquer sa désapprobation envers les drogues était fortement associé à un moindre usage chez les enfants.

La gestion des relations et attitudes : l’utilisation de remarques ou de sanctions adaptées semble améliorer la cohésion familiale et ainsi diminuer le risque de comportements perturbateurs ou délinquants chez les enfants.

Le modèle de comportement : les parents ne semblent pas avoir toujours conscience du fait que leur propre comportement d’usage de substances psychoactives joue un rôle primordial dans les consommations futures de leurs enfants.

Le contrôle parental : une forme mesurée de contrôle parental des enfants (savoir où sont les enfants et ce qu’ils font) peut contribuer à éviter ou au moins retarder leur consommation de substances psychoactives.

L’influence des pairs : à l’adolescence, le lien entre consommation de substances psychoactives et fréquentation d’usagers apparaît très fort. Il faut cependant distinguer l’infl uence des pairs et le choix des relations, et c’est à ce niveau que l’infl uence de la famille peut avoir un rôle.

Meilleure est la relation parents-enfant, plus forte est la résistance de l’enfant à l’influence de ses amis.

Source : Service communication et presse de Nora BERRA Secrétariat d’Etat chargée de la Santé