Vaccin anticancéreux à l’essai, nouvelle arme thérapeutique potentielle



« Vaccin anticancéreux à l’essai : nouvelle arme thérapeutique potentielle » par le Docteur Erard de Hemricourt. Une équipe française menée par le Professeur Laurence Zitvogel de l’Institut Gustave-Roussy vient de lancer une nouvelle étude dite de phase II ayant pour but de tester l’efficacité d’une approche thérapeutique anticancéreuse assez originale : l’immunothérapie anti-tumorale.

Cette approche thérapeutique a pour but de détruire les cellules cancéreuses en activant  certaines cellules du système immunitaire du patient, sous-représentées en temps normal. Ces cellules qui appartiennent à la famille des monocytes (type particulier de globules blancs) vont être stimulées en laboratoire afin de devenir des cellules dendritiques qui auront la capacité de s’attaquer directement aux cellules malignes en provoquant leur destruction.

Cette étude dénommée DEX2 fait suite à deux études de phase I, l’une française, l’autre américaine, qui ont toutes les deux montré des résultats fort encourageants en terme de faisabilité et surtout de tolérance. Seule une quarantaine de patients répondant à des critères d’inclusions très stricts participeront à cette étude. Ces critères étant entre autres la présence d’un cancer pulmonaire de type ‘non à petites cellules’ à un stade avancé (inopérable) et ayant déjà été pris en charge par une chimiothérapie.

Comme le souligne le Dr Besse, responsable du Comité de Pathologie Thoracique à l’Institut Gustave-Roussy, il ne faut pas s’emballer trop vite car il est nécessaire d’attendre les premiers résultats de cette étude de phase II pour pouvoir dans un premier temps confirmer les espoirs placés dans cette nouvelle approche.

Ce n’est qu’après que des études cliniques de plus grande envergure pourront être menées pour étudier l’impact de ce traitement chez le patient cancéreux. D’autres essais sont actuellement menés dans le monde afin de tester cette action anti-tumorale.

Citons par exemple la vaste étude MAGRIT (plus de 2000 participants atteints de cancer pulmonaire non à petites cellules) menée par le laboratoire Glaxo-Smith-Kline. Il s’agit d’une étude randomisée, en double aveugle qui teste le principe actif (vaccin MAGE-A3) par rapport à un placebo. Cette étude, débutée en mai 2007 sera menée à terme jusqu’en 2022 ce qui permettra d’obtenir le recul suffisant pour étudier l’efficacité thérapeutique du vaccin.

Docteur Erard de Hemricourt pour News Santé ©2010